GB: Sainsbury's-Asda, une fusion géante au rayon des supermarchés

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Sainsbury's fusionne ses activités avec Asda pour créer un géant capable de dépasser le leader historique Tesco
Sainsbury's fusionne ses activités avec Asda pour créer un géant capable de dépasser le leader historique Tesco
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© AFP, Justin TALLIS

AFP, publié le lundi 30 avril 2018 à 15h35

Sainsbury's et la filiale britannique du géant américain Walmart, Asda, ont mis sur les rails une fusion de leurs activités dans un secteur de la distribution en plein bouleversement au Royaume-Uni, au risque de faire sursauter les autorités de la concurrence. 

Sainsbury's et Asda, qui appartient à 100% à Walmart, ont publié lundi matin les détails de ce projet dont ils discutent depuis plus de deux ans, censé aboutir au deuxième semestre 2019 et qui enthousiasme la Bourse de Londres où le titre Sainsbury's bondissait de 15,68% à 312,10 pence à 13H30 GMT. 

D'après leur communiqué commun, cette fusion qui pourrait reléguer le leader historique Tesco à la deuxième place ressemble beaucoup à une absorption d'Asda par Sainsbury's: ce dernier céderait à Walmart une partie de son capital et réglerait au groupe américain une somme en numéraire de presque 3 milliards de livres sterling.

Au total, Asda serait valorisé à hauteur de 7,3 milliards de livres (8,3 milliards d'euros) à l'occasion de cette transaction et son propriétaire américain possèderait 42% du nouvel ensemble - le reste étant aux mains des actionnaires de Sainsbury's, dont le premier d'entre eux, Qatar Investment Authority. 

Les principaux postes de la direction exécutive de nouveau groupe seraient de surcroît occupés par les actuels titulaires de ces fonctions chez Sainsbury's. 

Lors d'une conférence de presse, le directeur général de Sainsbury's et futur chef exécutif du groupe fusionné, Mike Coupe, a expliqué que ce dernier pourrait cumuler 26% des parts de marché dans la vente alimentaire dont il prendrait la tête du peloton, tout en devenant le numéro deux du pays dans l'habillement. 

Son homologue d'Asda, Roger Burnley, qui a travaillé chez Sainsbury's pendant dix ans, a mis en avant la "proximité de la culture d'entreprise" des deux enseignes, promesse d'une fusion réussie d'après lui.

Les deux groupes pensent pouvoir sabrer leurs tarifs d'environ 10% sur "de nombreux produits" - sans préciser lesquels toutefois - et réaliser des synergies de 500 millions de livres de bénéfice brut opérationnel (Ebitda). 

Ils ont assuré n'avoir "aucun projet de fermer des magasins", alors que le principal syndicat britannique, Unite, a demandé des "garanties" pour les 330.000 salariés des deux enseignes.

- Nordistes et sudistes -

Sainsbury's et Asda ont dit vouloir conserver leur siège respectif, à Londres et Leeds dans le nord de l'Angleterre, ainsi que leurs marques - avec la possibilité pour Sainsbury's d'accentuer son offre de qualité supérieure et pour son partenaire d'approfondir son accent bon marché. 

L'opération est toutefois soumise au feu vert des actionnaires et surtout de la puissante Autorité de la concurrence du Royaume-Uni (CMA), qui a fait savoir dès lundi qu'elle allait "probablement" enquêter sur ce rapprochement. 

Interrogé sur le risque que la CMA exige du futur groupe fusionné qu'il cède une partie de ses 2.800 magasins pour obtenir le feu vert, M. Coupe a reconnu qu'il s'agissait d'"une possibilité". Il a toutefois souligné que Sainsbury's disposait de zones de forces dans le sud-est de l'Angleterre et en Irlande du Nord, alors qu'Asda est présent davantage dans les contrées septentrionales anglaises et écossaises ainsi qu'au Pays de Galles.

Cette transaction représenterait la plus importante dans le secteur britannique depuis près de 15 ans et intervient dans un contexte de concurrence effrénée dans le secteur des supermarchés au Royaume-Uni, où les acteurs historiques font face au succès croissant des enseignes de maxidiscompte comme les allemandes Aldi et Lidl. 

Le géant Tesco s'est d'ailleurs renforcé en bouclant début mars l'acquisition du principal grossiste alimentaire du Royaume-Uni, Booker, pour 3,9 milliards de livres. 

Sainsbury's a lui-même déjà grandi en achetant l'an passé le vendeur par catalogue Argos, ce qui a dopé son chiffre d'affaires pour l'exercice comptable 2017-2018 dont les résultats ont été publiés par ailleurs lundi - faisant apparaître une chute de 18% du bénéfice net, à 309 millions de livres, du fait des coûts d'intégration de cette filiale et de restructurations.

Au-delà du secteur alimentaire, les distributeurs traditionnels connaissent des temps difficiles au Royaume-Uni, entre la concurrence majeure de la vente en ligne et la difficulté à fidéliser des clients au pouvoir d'achat comprimé par une inflation dopée par la perspective du Brexit.

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