Genish confirmé directeur général de Telecom Italia, après la victoire d'Elliott

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Amos Genish, ici le 4 mai lors de l'assemblée générale à Rozzano, a été confirmé lundi comme directeur général de Telecom Italia (Tim)
Amos Genish, ici le 4 mai lors de l'assemblée générale à Rozzano, a été confirmé lundi comme directeur général de Telecom Italia (Tim)
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© AFP, MIGUEL MEDINA

AFP, publié le lundi 07 mai 2018 à 20h35

L'Israélien Amos Genish a été confirmé lundi comme directeur général de Telecom Italia (Tim) par le nouveau conseil d'administration de l'opérateur, dont le fonds américain Elliott a ravi le contrôle à Vivendi la semaine passée.

Ce conseil d'administration était le premier réuni après la victoire du fonds activiste Elliott, qui a réussi à y faire entrer dix personnalités du monde des affaires italien et à mettre Vivendi en minorité.

Le groupe français n'y détient plus que cinq sièges.

Amos Genish,qui menait la liste Vivendi, avait mis son poids dans la balance avant l'assemblée générale des actionnaires de vendredi, affirmant que sa position serait "intenable" si le groupe français ne conservait pas le contrôle du CA.

Mais après son échec, Vivendi avait laissé entendre que M. Genish, très apprécié des marchés, resterait à son poste, alors qu'Elliott --qui détient environ 9% de Tim--lui avait clairement exprimé son soutien.

Dans un communiqué, le groupe français s'est dit "satisfait" de sa confirmation et a réaffirmé, en tant que "premier actionnaire de Telecom Italia avec 23,94% des actions ordinaires", son "engagement industriel de long terme à l'égard de l'opérateur".

Vivendi, qui craint un "démantèlement" de Tim sous l'impulsion d'Elliott, a réitéré  son soutien au "plan industriel 2018-2020 présenté par Amos Genish le 12 mars 2018 et voté à l'unanimité par le conseil".

Il a souligné qu'il "veillera attentivement à ce que le plan soit mis en place dans son intégralité et dans toute sa cohérence" et qu'il "surveillera que les mesures engagées pour améliorer la rentabilité de l'opérateur et qui portent déjà leurs fruits, soient poursuivies".

Amos Genish a remercié de son côté le nouveau CA de lui "avoir confirmé sa confiance": "je répète mon engagement de long terme dans le parcours de transformation du groupe, afin de permettre à l'entreprise de jouer de nouveau un rôle leader sur le plan international".

"Nous sommes sur la bonne voie" et la nouvelle stratégie "porte déjà ses fruits", a-t-il ajouté, cité dans le communiqué de l'opérateur.

- Fulvio Conti, nouveau président -

Dans une lettre adressée ce week-end au management de Tim, il avait indiqué que l'AG de vendredi avait "donné un nouveau conseil d'administration, mais pas modifié le chemin entrepris", soulignant avoir "reçu de nombreux appels du haut management tant d'Elliott que de Vivendi pour répéter leur soutien à toute l'équipe des dirigeants de Tim et à notre plan" stratégique.

Le CA a par ailleurs élu lundi à sa présidence Fulvio Conti, ex-directeur général du géant italien de l'énergie Enel.

Ce poste --auquel s'ajoutaient des fonctions exécutives-- était précédemment occupé par le président du directoire de Vivendi, Arnaud de Puyfontaine, qui siège désormais comme simple administrateur.

Par ailleurs, l'Italien Stefano Grassi s'est vu attribuer de manière temporaire la tutelle de tous les actifs et activités stratégiques d'un point de vue de la sécurité et de la défense nationale.

Les analystes d'Equita ont estimé que le nouveau CA devrait permettre de réduire le risque de conflits d'intérêts -- dénoncée par Elliott concernant la gestion de Vivendi-- , améliorer les rapports avec le gouvernement italien et les institutions et favoriser les négociations sur le réseau et sur un éventuel rapprochement avec Open Fiber, la filiale d'Enel dans la fibre optique.

La Caisse italienne des dépôts, qui a voté en faveur d'Elliott, est actionnaire à la fois de Tim et d'Open Fiber.

Le ministre italien du Développement économique, Carlo Calenda, a défendu ce week-end le choix de la CDP, organisme contrôlé par l'Etat, de voter pour Elliott, affirmant que "défendre l'intérêt national est la tâche du gouvernement".

"Dans 99% des cas, l'intérêt national est d'attirer des investisseurs étrangers. Il y a des rares cas où ces investissements deviennent prédateurs. Il faut réagir", a-t-il affirmé sur Twitter, en qualifiant de nouveau Vivendi "de très mauvais actionnaire qui a montré mille conflits d'intérêts".

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