"Gilets jaunes" : Bruno Le Maire exclut à nouveau tout geste

"Gilets jaunes" : Bruno Le Maire exclut à nouveau tout geste
assemblée nationale octobre 2017

Boursier.com, publié le mardi 20 novembre 2018 à 09h42

Bruno Le Maire a suivi mardi la partition du gouvernement mardi à propos des "Gilets jaunes", mobilisés depuis samedi un peu partout en France. Il a écarté tout "geste" pour répondre aux revendications, estimant qu'"un centime ici, deux centimes là" n'apaiseraient pas leur colère. Le ministre de l'Economie et des Finances a aussi dit mesurer "au plus profond" de lui-même la "désespérance" des Français qui manifestent et promis que le gouvernement corrigerait la "dérive fiscale" des dix dernières années.

"C'est la situation que nous avons trouvée. (...) Nous inversons cette tendance pour la première fois", a-t-il affirmé, citant notamment la suppression progressive de la taxe d'habitation. "Il y a une déchirure territoriale en France, nous le savons, (...) il y a des millions de Français qui ont peur de 'tomber'", a-t-il poursuivi. "Moi je ne crois pas aux gestes, je crois à la constance d'une politique et à l'obstination d'obtenir des résultats pour les Français".

Encore 350 actions lundi

Le mouvement des "Gilets jaunes" s'est poursuivi lundi avec quelque 350 actions partout en France, deux jours après le début d'une mobilisation spontanée que le gouvernement cherche à endiguer tout en martelant sa volonté de tenir son cap sur la fiscalité de l'essence et du diesel.

Des manifestants, moins nombreux que lors de la journée test du 17 novembre, ont dressé de nouveaux barrages filtrants sur plusieurs axes routiers et sur les voies conduisant à des dépôts pétroliers. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a évoqué devant la presse une "mobilisation en décrue continue" et avancé le chiffre de 27.000 manifestants "au pic de la journée".

#GiletsJaunes "Chacun est libre de circuler, et ce principe là n'est pas négociable" déclare Bruno Le Maire qui regrette "un certain nombre de dérives dans ces manifestations : homophobes, racistes, il y a eu des violences. Et ce n'est pas acceptable."#8h30Politique pic.twitter.com/3L7m2XsMPl
- franceinfo (@franceinfo)

Violences à la Réunion

La mobilisation s'est exportée sur l'île de la Réunion, où plusieurs villes sont le théâtre de pillages et de diverses violences urbaines à partir de la nuit tombée. Des supermarchés et autres commerces ont été attaqués dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Saint-Denis, le chef-lieu.

Le préfet de La Réunion a instauré mardi une mesure d'interdiction de circuler de 21h00 à 06h00 dans la moitié des communes de l'île, bloquée par de nombreux barrages routiers dressés par des "Gilets jaunes". Ce couvre-feu, qui entre en vigueur mardi soir pour trois nuits, doit " permettre aux forces de l'ordre de se concentrer sur leur mission de sécurisation ", a précisé Amaury de Saint-Quentin.

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