Gilets jaunes : Edouard Philippe "va droit dans le mur" pour la CFDT

Gilets jaunes : Edouard Philippe "va droit dans le mur" pour la CFDT©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 19 novembre 2018 à 09h43

Edouard Philippe a assuré dimanche soir avoir entendu la "colère", la "souffrance" et le "sentiment d'abandon" exprimés par les "Gilets jaunes" en France pendant la mobilisation contre la hausse des prix du carburant. Plus de 300.000 personnes ont participé aux actions pendant le weekend et le mouvement se poursuit ce lundi sur certaines routes de France : des manifestants ont dressé de nouveaux barrages, notamment sur le pont d'Aquitaine à Bordeaux, sur les routes menant au centre-ville d'Arles (Bouches-du-Rhône) ou sur les voies conduisant à plusieurs dépôts pétroliers.

"J'entends ce que disent les Français, mais je vois le cap, je n'en change pas et j'essaye de trouver les bonnes solutions pour intégrer ce que les Français ont dit et je crois qu'ils veulent plus d'accompagnement dans leur vie quotidienne, dans leur vie réelle, et c'est ce que nous allons faire", a répondu le Premier ministre sur France 2, au soir d'une deuxième journée d'actions un peu partout en France.

"Nous allons tenir"

"Le mouvement des 'Gilets jaunes' s'est exprimé de façon très claire, (...) mais je dis aussi qu'un gouvernement qui changerait de pied en permanence, qui zigzaguerait au gré des difficultés, il ferait ce qu'ont fait beaucoup trop de gouvernements par le passé et il ne conduirait pas la France là où elle doit être conduite", a-t-il insisté. "Le cap que nous avons fixé est le bon, nous allons le tenir", a-t-il affirmé, précisant que la taxe carbone serait maintenue.

Le chef du gouvernement a dit comprendre le "ras-le-bol fiscal" et assuré que le taux de prélèvements obligatoires aurait baissé à l'issue du quinquennat.

Edouard Philippe a par ailleurs écarté l'appel du secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, à une conférence pour "un pacte social de la conversion écologique". "Je ne crois pas que les 'Gilets jaunes' veulent une grande conférence" avec les organisations politiques et syndicales. Laurent Berger en a pris acte lundi dans une interview accordée au journal 'Le Monde'. Selon lui, le Premier ministre "dit comprendre les difficultés mais sans faire de propositions ni sur la forme ni sur le fond. Et il persiste dans un rapport direct au 'peuple' qui le met en difficulté aujourd'hui. Il y a une défiance très forte à l'égard du gouvernement. Si l'exécutif persiste à ne pas vouloir faire avec les corps intermédiaires pour trouver des solutions collectives, il va dans le mur".

Bataille de chiffres

Les rassemblements, endeuillés samedi par la mort d'une manifestante en Savoie, ont rassemblé 287.710 personnes en 2.034 lieux ce jour-là, selon le ministère de l'Intérieur, qui n'a pas livré de chiffres sur la suite du mouvement dimanche. Selon BFM TV, qui cite des sources concordantes, la mobilisation a été bien moindre avec 40.000 "Gilets jaunes" recensés.

Le ministère a fait état de quelque 150 points de blocage dimanche et Vinci signalait dans la soirée des difficultés persistantes de circulation sur le réseau autoroutier dans plusieurs départements, du Nord au Var (A10, A11, A9, A8, A7).

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