"Gilets jaunes" : la FNSEA profite-t-elle du mouvement pour exercer un chantage ?

"Gilets jaunes" : la FNSEA profite-t-elle du mouvement pour exercer un chantage ?
FNSEA logo drapeau

Boursier.com, publié le jeudi 06 décembre 2018 à 18h39

L'appel de la FNSEA à organiser des manifestations en France la semaine prochaine n'est pas du goût des associations écologistes. La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles, appuyée par les Jeunes Agriculteurs, a décidé lundi de profiter du mouvement de colère du moment pour plaider sa propre cause, et "dire stop au matraquage" fiscal des agriculteurs ainsi qu'à l'"agri-bashing". Elle a lancé un rendez-vous pour la semaine prochaine, en guise d'avertissement adressé au gouvernement concernant l'entrée en vigueur de la loi sur l'agriculture et l'alimentation.

Déjà empêtré dans le dossier des "Gilets jaunes", l'exécutif a reporté mercredi la présentation des ordonnances déclinant les mesures phares de cette loi censée garantir un meilleur revenu aux exploitants, tout en assurant que leur calendrier de mise en oeuvre était maintenu.

"Ne pas céder" au syndicat

Seize associations écologistes et de défense des consommateurs dénoncent ce jeudi la méthode de la FNSEA et l'accusent d'exercer un "chantage" qui mettrait "en péril la démocratie". Dans un communiqué commun, Greenpeace, le WWF France et l'UFC-Que choisir, entre autres, exhortent Emmanuel Macron à ne "pas céder" aux mots d'ordre du puissant syndicat agricole.

"La FNSEA menace le gouvernement de manifestations d'agriculteurs, s'il ne revient pas sur un certain nombre d'avancées, pourtant actées dans la loi alimentation", écrivent les associations dans leur communiqué.

Inquiétudes à propos des pesticides

Les signataires de ce communiqué accusent la FNSEA de vouloir enterrer "toutes les initiatives visant la sortie des pesticides et en particulier du glyphosate", comme la séparation des activités de vente de pesticides et de conseil agricole. "Nos associations condamnent très fermement ces déclarations qui s'assimilent à du chantage", poursuivent-elles. "Nous appelons Emmanuel Macron et le gouvernement à ne pas céder" car, jugent-elles, "il en va de la crédibilité de notre système politique."

La loi sur l'agriculture et l'alimentation doit notamment permettre de mieux rétribuer les agriculteurs, en rééquilibrant les relations commerciales avec les industriels et les distributeurs.

Elle prévoit un relèvement du seuil de revente à perte et la limitation des promotions dans la distribution, deux mesures qui devraient se traduire par des hausses de prix pour les consommateurs.

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