GM ambitionne de ne plus vendre de voitures diesel ou essence en 2035

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Le logo de General Motors à l'extérieur d'une usine du groupe automobile à Detroit aux Etats-Unis le 27 janvier 2020
Le logo de General Motors à l'extérieur d'une usine du groupe automobile à Detroit aux Etats-Unis le 27 janvier 2020
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© AFP, JEFF KOWALSKY

AFP, publié le vendredi 29 janvier 2021 à 09h17

L'un des plus grands constructeurs automobiles au monde, l'américain General Motors, a l'intention de ne plus construire d'ici 2035 de voitures à émissions polluantes, qui représentent encore l'immense majorité de sa production, une ambition qui pourrait accélérer la mutation du secteur.

Le groupe ne s'est pas ouvertement engagé à n'offrir que des véhicules électriques en 2035. Mais "nous prenons des mesures pour y parvenir", a précisé une porte-parole à l'AFP. "Cela demandera la collaboration du reste du secteur, des gouvernements et des clients."

Face à une croissance de la demande, et à une sensibilisation de plus en plus importante de l'opinion publique et de leurs clients à la lutte contre le changement climatique, de nombreux fabricants ont déjà engagé un tournant vers les véhicules non polluants.

Volkswagen compte proposer 70 modèles électriques d'ici 2030 et en vendre 26 millions d'unités en dix ans.

Tesla est devenu la coqueluche d'investisseurs persuadés que le fabricant américain de véhicules électriques représente le futur de l'automobile et vaut en Bourse bien plus que des constructeurs traditionnels. 

La route est longue: les voitures électriques sont encore assez chères, et ne représentaient en 2019 que 2,6% des ventes, selon l'agence internationale de l'Energie. L'initiative de GM pourrait emmener le secteur un peu plus loin. 

"Avec le programme vert (du président américain Joe) Biden à l'horizon, nous pensons que d'autres constructeurs automobiles pourraient suivre l'exemple de GM aux Etats-Unis", a ainsi estimé Dan Ives, analyste pour Wedbush. 

Le nouveau locataire de la Maison Blanche s'est fixé entre autres objectifs de rendre la flotte de véhicules du gouvernement entièrement propre et de faire construire 500.000 stations de recharge électrique supplémentaires dans le pays.

- Pas les camions -

L'initiative de GM ne s'appliquerait pas aux véhicules les plus imposants, comme les camions, mais inclurait bien les SUV (4x4 de ville) ou les pick-up, particulièrement populaires aux Etats-Unis. 

Le groupe prévoit par ailleurs que tous ses véhicules et activités soient "neutres en carbone" d'ici 2040.

Quand la suppression des émissions ne sera pas possible, GM les compensera par des crédits carbone ou la capture du carbone, a affirmé sa patronne, Mary Barra.

"Pour General Motors, l'impact carbone le plus important provient des émissions d'échappement des véhicules que nous vendons - dans notre cas, à hauteur de 75%", a souligné la dirigeante dans un message posté sur le réseau LinkedIn. "C'est pourquoi il est si important d'accélérer vers un avenir dans lequel chaque véhicule que nous vendons est un véhicule zéro émission", a-t-elle ajouté. 

"Mais il est également essentiel que nous réduisions les émissions de nos opérations dans le monde - depuis les usines de fabrication que nous gérons à l'énergie que nous utilisons pour produire ces véhicules", a aussi souligné Mme Barra, en invitant les autres entreprises à suivre son exemple.

Le constructeur a travaillé avec l'association Environmental Defense Fund (EDF) pour établir ces objectifs.

"Avec cet extraordinaire pas en avant, GM indique clairement que prendre des mesures pour éliminer la pollution de tous les nouveaux véhicules légers d'ici 2035 est un élément essentiel de la stratégie de tout constructeur automobile", a commenté son président Fred Krupp.

GM a multiplié ces derniers mois les annonces sur les véhicules électriques.

Le constructeur prévoit d'en proposer 30 modèles en 2025, avec des versions dans les quatre marques du groupe -- Cadillac, GMC, Chevrolet, Buick -- et d'investir au total 27 milliards de dollars dans les véhicules électriques et autonomes en cinq ans. 

Le groupe avait aussi renoncé en novembre à soutenir l'administration Trump dans son effort visant à ôter à la Californie le droit de fixer ses propres normes en matière de pollution automobile.

Pour Karl Brauer, spécialiste du secteur automobile pour le site iSeeCars, quelques réserves sont à émettre.

"Même si mettre fin à la vente de moteurs à combustion est un objectif impressionnant, cela n'a pas forcément de sens pour tous les constructeurs", a-t-il avancé dans une note. "Il y aura encore sûrement des occasions où des véhicules à essence ou diesel seront plus pratiques" comme pour un voyage de plusieurs jours en camping en pleine nature ou pour le transport de marchandises. 

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