Google, Amazon et Apple dénoncent la taxe numérique française

Google, Amazon et Apple dénoncent la taxe numérique française
numérique technologique

Boursier.com, publié le mardi 20 août 2019 à 18h04

Les États-Unis cherchent à utiliser la France comme exemple pour dissuader d'autres pays de cibler les entreprises de technologie américaines.

La taxe sur les Gafa que vient de voter la France n'est pas du goût des intéressés... Google, Facebook et Amazon ont été auditionnés lundi par les services du représentant américain au Commerce (USTR) dans le cadre de leur enquête sur cette "taxe Gafa" adoptée le mois dernier par le Parlement français. Ils ont notamment dénoncé un texte jugé "discriminatoire".

Le texte prévoit qu'une taxe de 3% sur les revenus s'appliquera rétroactivement au 1er janvier 2019 aux sociétés réalisant un chiffre d'affaires sur leurs activités numériques d'au moins 750 millions d'euros au niveau mondial et de plus de 25 millions d'euros sur le sol français. La réforme a été dénoncée par le président américain : avant même que le texte ne soit adopté, Donald Trump avait ordonné l'ouverture d'une enquête par les services du représentant américain au Commerce, une procédure pouvant déboucher sur la mise en place de droits de douane ou d'autres mesures de rétorsion commerciales.

Point commun entre Trump et les Gafa

Et si le locataire de la Maison blanche s'oppose régulièrement aux géants technologiques américains, la taxe française semble pour une fois lui livrer un sujet d'entente avec eux. La taxe numérique en France "représente une rupture nette avec les règles fiscales établies et cible uniquement un sous-ensemble d'entreprises ", a estimé Nicholas Bramble, conseiller en politique commerciale chez Google, lors de cette audition. "Les responsables du gouvernement français ont souligné à plusieurs reprises que la taxe vise les entreprises de technologie étrangères", a-t-il poursuivi.

Les géants numériques et Donald Trump ont un même sujet d'inquiétude : que les gouvernements étrangers, comme la France, utilisent les entreprises américaines pour renflouer leurs caisses. "Bien qu'Amazon ait augmenté ses marges bénéficiaires, la taxe numérique française pourrait réduire sa rentabilité, a déclaré Peter Hiltz, le directeur de la planification fiscale auprès du géant de la distribution en ligne.

Ne pas tout mélanger

Paris a exhorté le président américain à ne pas mélanger tarifs douaniers et taxe digitale, dans l'espoir de couper court aux menaces de représailles de Washington. Le département américain du Commerce a dénoncé une taxe "déraisonnable" ne suivant pas les règles fiscales, disant y voir une mesure discriminatoire à l'encontre des entreprises américaines. Une trentaine de sociétés devraient être concernées par la "taxe Gafa". La plupart sont américaines, à commencer par Google, Amazon, Facebook et Apple.

Les États-Unis cherchent à utiliser la France comme exemple pour dissuader d'autres pays de cibler les entreprises de technologie américaines. Le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande, l'Espagne et l'Italie font partie des pays qui réfléchissent également à la possibilité de mettre en place une taxe.

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