"Grand débat" : Chantal Jouanno renonce, après la polémique sur son salaire

"Grand débat" : Chantal Jouanno renonce, après la polémique sur son salaire©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 08 janvier 2019 à 22h45

La présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) a annoncé mardi soir renoncer à organiser le "Grand débat" après une polémique sur son salaire, quasiment équivalent à celui du président de la République et du Premier ministre...

Nommée en mars dernier présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), Chantal Jouanno est aujourd'hui au coeur d'une polémique concernant sa rémunération qui s'élèvera à 176.000 euros brut en 2019 (14.666 euros bruts par mois).

Invitée du JT de 'France 2' mardi soir, l'ancienne ministre des Sports sous Nicolas Sarkozy a annoncé qu'elle se retirait du "pilotage" du grand débat national voulu par Emmanuel Macron en réponse au mouvement des "Gilets jaunes", et qui doit démarrer le 15 janvier. Elle a estimé que les débats nés sur son salaire était "légitimes", mais que les "conditions de sérénité nécessaires pour ce débat" n'étaient pas assurées.

Un salaire fixé par le projet de loi de finances

Chantal Jouanno a cependant précisé qu'elle conservait son poste. "Je maintiens ma présidence, mais je remets dans les mains du président et du gouvernement, le niveau de rémunération de la présidente de la CNDP", a-t-elle indiqué. Les rémunérations des présidents des 18 autorités indépendantes françaises (AMF, CNIL, CSA...) sont fixées chaque année par la loi de finances votée par le parlement.

Si le grand débat fait partie des missions confiées à la CNDP, la Commission a une mission plus large d'information des citoyens afin que leur point de vue soit pris en compte dans le processus de décision. Elle doit ainsi veiller au respect de la participation du public au processus d'élaboration des projets d'aménagement ou d'équipement d'intérêt national de l'Etat tout au long de l'année.

Une rémunération proche de 15.000 euros brut mensuel

Lundi sur le plateau de 'franceinfo', Chantal Jouanno avait expliqué qu'elle ne serait pas rémunérée spécifiquement pour organiser le grand débat, ajoutant que son salaire de présidente de la CNDP était celui "fixé par les autorités pour les présidents de la CNDP, quels qu'ils soient... Cela ne dépend pas de moi et ça n'est pas lié au grand débat national" a expliqué l'ancienne ministre des Sports.

Selon elle, cette rémunération pourrait même être un sujet du grand débat à venir si certains souhaitent l'évoquer...

Ces émoluments, qu'elle devrait percevoir sur l'année 2019 sont donc quasiment identiques à ceux du président de la République et du Premier ministre...

Le gouvernement en soutien

Invité mardi matin sur 'Europe 1', le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, a pris la défense de l'ex-karatéka : "Si on considère qu'exercer des responsabilités politiques est quelque chose qui doit être rémunéré au salaire minimum, ça veut dire qu'on considère qu'il n'y a plus d'échelle de valeurs dans les responsabilités. Je ne suis pas pour que tout le monde gagne pareil partout, dans le public comme dans le privé", a-t-il déclaré.

Selon lui, personne n'est choqué lorsque l'on apprend qu'un footballeur gagne bien plus chaque année. Il affirme même que le fait que Chantal Jouanno perçoive une rémunération plus importante que la sienne ne le dérange pas : "ce n'est pas une question de comparaison entre nous !"

Un grand débat pour apaiser la colère

Chantal Jouanno devait dans les prochains mois diriger le grand débat qui va avoir lieu pour tenter d'apaiser la colère des Gilets jaunes et répondre aux demandes des Français en faveur de leur pouvoir d'achat...

De son côté, le président de la République a affirmé que cette consultation du peuple porterait sur des sujets très larges, mais ne reviendrait pas sur les décisions prises depuis le début du quinquennat comme la suppression de l'ISF. Les engagements pris et les réformes annoncées ne seront pas remis en question non plus.

Des salaires confortables pour les présidents d'autorités autonomes françaises

A noter que tous les présidents des quelque 26 autorités indépendantes françaises touchent des salaires élevés par rapport au revenus moyens des Français.

La rémunération de Chantal Jouanno fait même partie des plus basses, loin derrière celles des présidents de l'Autorité des marchés financiers (AMF, 238.973 euros bruts), l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN, 223.419 euros bruts annuels), la Haute Autorité de Santé (HAS, 210.197 euros brut), la Commission de Régulation de l'Energie (CRE, 200.201 euros brut) ou encore de l'ARCEP (191.833 euros brut) ou du CSA (188.700 euros bruts).

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