Grandes surfaces : "On aurait pu s'exonérer du chômage partiel", selon Laurent Berger

Grandes surfaces : "On aurait pu s'exonérer du chômage partiel", selon Laurent Berger
Laurent Berger CFDT

Boursier.com, publié le lundi 16 novembre 2020 à 16h15

Le secrétaire général de la CFDT s'est étonné que certains salariés aient été placés en chômage partiel, "y compris sur les rayons essentiels"...

Le chômage partiel dans les grandes surfaces ne s'impose pas, selon le leader de la CFDT. Alors que la ministre du Travail Elisabeth Borne a rappelé dimanche que la grande distribution avait bien droit au chômage partiel, Laurent Berger a exprimé quelques doutes sur le bien-fondé du dispositif dans le secteur.

"C'est légal, mais ils l'ont fait sans informer les représentants des salariés. Sur cette affaire-là depuis le début, le gouvernement dit : 'On ferme des rayons non-essentiels', et les représentants des salariés ne sont pas au courant et l'apprennent par la presse. Et maintenant, ils apprennent que leur enseigne va les mettre en chômage partiel, y compris sur les rayons essentiels", a-t-il d'abord expliqué sur 'France Inter' ce lundi.

"Je dis attention, il y avait peut-être moyen, en tout cas sur certains magasins, de faire autrement. Même si vous avez moins de fréquentation, l'activité elle se tient, lorsque vous mettez en rayon, c'est la même charge de travail", a poursuivi le secrétaire général de la CFDT.

"Un coût pour les finances publiques"

Laurent Berger souligne également que ces mesures ont "un coût pour les finances publiques" et sont "l'illustration d'une dépense dont on aurait pu s'exonérer" pour éviter à l'avenir un effet "boomerang". Pour faire des économies, le gouvernement pourrait ainsi, par exemple, imposer des restrictions sur l'assurance chômage, a-t-il prévenu.

Si le leader syndicat dit comprendre la démarche pour les hypermarchés qui ont "sans doute une grande perte de chiffre d'affaires" après avoir été contraints de fermer des rayons non-essentiels, il s'est tout de même étonné certains salariés aient été placés en chômage partiel "y compris sur les rayons essentiels".

Carrefour accusé de "fraude"

Depuis le 12 novembre, Carrefour a placé la quasi-totalité de ses salariés, soit près de 90.000 personnes sur 110.000 en chômage partiel. Le dispositif concernerait les caissières comme les vigiles et les salariés du siège, selon 'franceinfo'. Mais cette décision a provoqué la colère des syndicats, qui dénoncent une mesure appliquée sans distinction, dans tous les hyper et supermarchés du groupe et y voient "une fraude".

Sur 'Radio J' dimanche, Elisabeth Borne avait justifié le chômage partiel dans la grande distribution. "Ce que je constate c'est que la grande distribution a bien un certain nombre d'activités à l'arrêt, qu'elle a sans doute aussi une baisse de son activité en général", a affirmé le ministre du Travail, assurant que le gouvernement "vérifiera" que toutes les demandes soient "justifiées".

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