Greenpeace appelle à interdire les dividendes pour les entreprises polluantes

Greenpeace appelle à interdire les dividendes pour les entreprises polluantes
Pollution carbone taxe environnement

Boursier.com, publié le jeudi 07 mai 2020 à 21h14

Total, Engie, ainsi que les grandes banques comme BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole, sont particulièrement visés par l'ONG.

Le combat de Greenpeace contre les grands groupes français se poursuit... Dans un rapport accusateur publié ce jeudi, l'ONG environnementale a appelé à "interdire par la loi la rémunération des actionnaires dès lors que celle-ci repose sur des activités néfastes pour le climat". L'organisation écologiste estime que "certaines entreprises du CAC 40" ont fait "du dérèglement climatique le moteur de leur développement, sans qu'aucune limite ne leur ait été fixée et sans aucune sanction".

"Le gouvernement n'a jusqu'à présent mis en place aucun mécanisme contraignant : les entreprises ne sont absolument pas tenues de respecter les objectifs fixés par l'Accord de Paris, traité international visant à contenir le changement climatique, lors de la COP21 par 195 États. C'est un véritable scandale ! En ces temps d'urgence climatique, c'est même criminel", a poursuivi Greenpeace.

Selon les estimations de l'ONG, les dix sociétés les plus polluantes du CAC 40 ont émis 3,1 milliards de tonnes CO2 et versé 20 milliards de dividendes en 2018.

Total, Engie et les banques particulièrement visés

Le pétrolier Total, le groupe énergétique Engie, ainsi que les grandes banques françaises comme BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole, sont particulièrement visés par Greenpeace, en raison de leurs activités de financement des entreprises dont l'activité contribue au réchauffement climatique...

"BNP Paribas investit sans relâche dans les énergies fossiles. Son empreinte carbone, la plus élevée du CAC 40, est aujourd'hui supérieure à celle de l'ensemble des activités conduites sur notre territoire. Ses actionnaires s'en frottent les mains puisqu'en 2019, BNP leur a versé 3,7 milliards d'euros", a dénoncé l'ONG. Quant à Total, l'entreprise aurait émis 444 millions de tonnes de CO2, "soit autant que les émissions de toutes les activités conduites sur notre territoire", a-t-elle précisé...

"Atteindre la neutralité carbone dans un horizon cohérent avec les travaux du GIEC"

Dans un rapport intitulé "Climat : l'argent du chaos", Greenpeace a ainsi proposé que dans le cadre d'une prochaine grande loi "Climat", les entreprises soient obligées de réduire chaque année leurs émissions brutes de gaz à effet de serre (directes et indirectes) "pour atteindre la neutralité carbone dans un horizon cohérent avec les travaux du GIEC", le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat de l'ONU. Cette réduction devrait être dès à présent supérieur à 7% "pour rester à la fois pragmatiques et conformes aux recommandations scientifiques", a affirmé l'ONG.

"Tant que les marchés financiers continuent d'engranger des profits en plaçant leur argent dans des activités économiques fortement émettrices, il n'y pas de raison qu'une économie décarbonée émerge", a-t-elle ajouté.

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