Greensill: le groupe du magnat de l'acier Sanjeev Gupta soupçonné de fraude au Royaume-Uni

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Le milliardaire indo-britannique Sanjeev Gupta, à la tête de GFG (Gupta Family Group), à Londres le 28 janvier 2019
Le milliardaire indo-britannique Sanjeev Gupta, à la tête de GFG (Gupta Family Group), à Londres le 28 janvier 2019
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© AFP, BEN STANSALL

AFP, publié le vendredi 14 mai 2021 à 16h20

L'étau se resserre autour du magnat de l'acier Sanjeev Gupta. Son groupe GFG, déjà à cours d'argent, est désormais visé par une enquête pour soupçons de fraude et blanchiment d'argent, notamment concernant ses liens avec la société en faillite Greensill.

L'étau se resserre autour du magnat de l'acier Sanjeev Gupta. Son groupe GFG, déjà à cours d'argent, est désormais visé par une enquête pour soupçons de fraude et blanchiment d'argent, notamment concernant ses liens avec la société en faillite Greensill.

Le SFO (Serious Fraud Office), l'équivalent du parquet financier, "enquête sur des soupçons de fraude, de commerce frauduleux et de blanchiment d'argent dans la conduite de l'activité des entreprises de Gupta Family Group (GFG) Alliance, y compris ses liens financiers avec Greensill", selon un communiqué vendredi.

Aucun détail supplémentaire n'est fourni, "compte tenu des investigations en cours".

Dans une déclaration transmise à l'AFP, GFG dit qu'il "va coopérer pleinement avec l'enquête".

Le Financial Times avait révélé que des factures suspectes avaient été fournies par le groupe Gupta à Greensill en échange de fonds. Gupta avait nié tout méfait tandis que Greensill n'était pas tenu de vérifier les factures, selon le quotidien.

Les interrogations portent surtout sur une pratique de Greensill qui avançait l'argent auprès de clients comme GFG pour payer des factures qui n'existaient pas encore mais pouvaient se matérialiser, ou non, plus tard.

"Cela ressemble de très près à de la fraude", avait estimé récemment la députée travailliste Angela Eagle.

Lex Greensill, fondateur de Greensill, a en outre évoqué ses liens très étroits avec Sanjeev Gupta lors de son audition parlementaire cette semaine, reconnaissant qu'il avait été brièvement actionnaire de Greensill.

M. Gupta a lui déjà raconté avoir eu recours à Greensill au départ parce qu'il a bâti son empire en rachetant des sociétés en difficulté qui ne pouvaient pas avoir accès à des financements traditionnels.

Pour Susan Hawley de l'ONG Spotlight on Corruption, le SFO a agi plus vite que d'habitude pour lancer l'enquête ce qui "suggère que les preuves qu'ils ont sont assez solides".

"Certaines accusations qui sont dans le domaine public sont très alarmantes", en particulier celles concernant l'utilisation de prêts gouvernmentaux liées à la pandémie, selon elle.

Cette affaire constitue un nouveau coup dur pour GFG, un groupe dans la tourmente depuis la chute en mars de Greensill. GFG était l'un de ses principaux clients et lui devait des milliards de dollars.

Greensill fait l'objet de plusieurs enquêtes, pour soupçons de fraude comptable liée à ses activités bancaires en Allemagne et au Royaume-Uni de la part du gendarme des marchés, qui estime que les circonstances de la faillite de la société financière pourraient être de "nature criminelle".

Son modèle était "hautement suspect" et s'apparentait à une "fraude pyramidale", avaient affirmé récemment des membres de la Chambre des Lords également anciens responsables au Trésor britannique entendus par une commission parlementaire.

- Éviter la faillite -

Depuis la chute de Greensill, l'empire de l'homme d'affaires indo-britannique Sanjeev Gupta cherche désespérément de nouveaux fonds, pour éviter des fermetures d'usines chez son bras sidérurgique Liberty Steel.

Dans sa déclaration vendredi, GFG précise qu'il "fait des progrès dans le refinancement de ses opérations", lesquelles par ailleurs profitent de la hausse récente des prix de l'acier, de l'aluminium et du minerai de fer.

Une source proche du dossier avait indiqué à l'AFP la semaine dernière que Liberty Steel au Royaume-Uni était sur le point de conclure un prêt de 200 millions de livres avec la société d'investissement White Oak.

Cet argent représenterait une bouffée d'air frais pour le groupe et lui éviterait pour l'heure la faillite. Le gouvernement a lui refusé de lui prêter des fonds, évoquant le caractère "opaque" de GFG.

Sanjeev Gupta a lui dit début avril n'attendre un "sauvetage de personne" et a promis de ne pas fermer d'usines de sidérurgie au Royaume-Uni tant qu'il serait aux commandes.

Signe de ses difficultés, il a décidé de ne plus financer la banque Wyelands Bank, qui appartient à son groupe. Cette banque a remboursé quasiment tous ses clients et cherche des repreneurs, sans quoi elle sera liquidée.

GFG emploie environ 5.000 personnes au Royaume-Uni et 35.000 dans le monde, avec notamment les sites en France d'Ascoval à Saint-Saulve (nord) et l'usine de rails d'Hayange (Moselle), que Liberty Steel cherche désormais à vendre.

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