Grève du 5 décembre : les appels à la grève se multiplient

Grève du 5 décembre : les appels à la grève se multiplient©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 21 novembre 2019 à 14h46

Mauvaise nouvelle pour l'exécutif, la CFDT-Cheminots appelle aussi à cesser le travail pour cette journée redoutée par le gouvernement. Les agents d'EDF devraient aussi se joindre aux cortèges.

La RATP, la SNCF, Air France, les transporteurs routiers... Les appels à la grève se multiplient pour la journée du 5 décembre contre la réforme des retraites. Le front syndical s'est étoffé jeudi avec la décision de la CFDT-Cheminots d'appeler à cesser le travail pour cette journée redoutée par le gouvernement. Il s'agit d'une très mauvaise nouvelle pour Emmanuel Macron et son Premier ministre Edouard Philippe, qui pensaient pouvoir compter sur l'appui du syndicat réformiste dirigé par Laurent Berger, favorable à un régime universel par points.

"La CFDT est susceptible d'appeler à la grève le 5 décembre, pas pour une grève carrée, pour une grève reconductible", a déclaré à la presse Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT-Cheminots, quatrième organisation de la SNCF.

Les trois principaux syndicats du groupe ferroviaire - CGT, Unsa et Sud-Rail - ont déjà appelé à une grève reconductible à partir du 5 décembre. "Nous ne sommes pas sortis avec des réponses probantes sur nos revendications, et donc nous montons d'un cran en déposant un préavis qui ne ferme pas les négociations dans les 15 jours à venir", a expliqué sur BFM TV Sébastien Mariani, secrétaire général adjoint de la CFDT-Cheminots, à l'issue d'une réunion infructueuse avec le haut-commissaire aux retraites et le secrétaire d'Etat aux Transports.

"On se demande si le gouvernement ne veut pas monter un bras de fer pour dresser les uns contre les autres les cheminots et les Français", a déploré Didier Mathis, secrétaire général de l'Unsa-ferroviaire.

EDF aussi

Autre ralliement ces dernières heures : plusieurs syndicats d'EDF, parmi lesquels la CGT, Force ouvrière et Sud, appellent à leur tour à la grève le 5 décembre pour protester contre la réforme des retraites, selon une source syndicale reprise par l'agence de presse Reuters.

Ils rejoignent donc les syndicats de la RATP (Unsa, CGT et CFE-CGC) et de la SNCF (CGT-Cheminots, Unsa ferroviaire, SUD-Rail, FO-Cheminots et CFDT-Cheminots), suivis par une large intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL, FIDL) pour une mobilisation interprofessionnelle.

La liste s'est encore allongée ces derniers jours avec des syndicats d'Air France, de chauffeurs routiers (FO-Transports et logistique), de l'Education nationale (SE-UNSA) et plusieurs syndicats de policiers, dont Alliance et l'Unsa.

L'exécutif se dit à l'écoute

Edouard Philippe, qui recevra lundi et mardi les partenaires sociaux, a assuré sur France Inter que ces derniers seraient entendus avant toute décision. "On sait très bien quand on parle des retraites que c'est anxiogène et compliqué", a-t-il plaidé jeudi matin avant l'appel à la grève de la CFDT-Cheminots. Mais, "il faut dire aux Français clairement, tranquillement, le faire progressivement, que nous allons travailler plus longtemps (...) soit par la durée de cotisation soit par une mesure d'âge."

"Voyons avec les partenaires sociaux s'ils préfèrent des solutions sur la durée, des solutions sur l'âge légal, des solutions sur l'âge pivot, sur l'âge d'équilibre. Tout ça c'est encore relativement ouvert", a assuré le Premier ministre, alors que le Conseil d'orientation des retraites (COR) prévoit un déficit du système entre 7,9 et 17,2 milliards d'euros en 2025.

Macron modifie son agenda

Signe que la menace du 5 décembre est prise au sérieux, l'agenda international d'Emmanuel Macron devrait être allégé, a-t-on appris auprès de l'Elysée. A l'exception du sommet de l'Otan des 3 et 4 décembre à Londres, la participation du chef de l'Etat à la 25e conférence sur le climat des Nations unies (COP25), à Madrid, est en suspens, de même qu'un déplacement en Côte d'Ivoire.

L'idée est "que le capitaine puisse rester ici", souligne-t-on, instruit de l'épreuve des "Gilets jaunes" et des grandes grèves de 1995, qui avaient contraint le Premier ministre Alain Juppé à renoncer à sa réforme des retraites.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.