Grève : le manque à gagner pour la SNCF s'élève déjà à 400 millions d'euros

Grève : le manque à gagner pour la SNCF s'élève déjà à 400 millions d'euros©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 24 décembre 2019 à 13h32

"Les comptes 2019 seront fortement impactés par ce conflit, d'autant plus qu'on n'est pas encore au bout du décompte des conséquences économiques", explique le patron de la SNCF.

400 millions d'euros... C'est le manque à gagner provoqué par le mouvement de grève contre la réforme des retraites à la SNCF. Le chiffre a été livré ce mardi par le nouveau patron de la compagnie ferroviaire française, Jean-Pierre Farandou, dans un entretien au 'Monde'.

Il s'agit évidemment d'un bilan provisoire. "Le conflit n'est pas terminé, et il est encore trop tôt pour faire le bilan complet du coût pour l'entreprise de ce conflit", prévient le président du directoire de la SNCF. "Ce que nous savons, c'est que nos estimations de perte de 20 millions d'euros de recettes par jour sont de bons ordres de grandeur."

"Donc, au bout de vingt jours, on est à 400 millions d'euros de chiffre d'affaires qui n'aura pas été réalisé dans la période. C'est déjà une somme considérable", ajoute-t-il. "Les comptes 2019 seront fortement impactés par ce conflit, d'autant plus qu'on n'est pas encore au bout du décompte des conséquences économiques".

Seul l'Unsa a appelé à la trêve

Le réseau SNCF est fortement perturbé depuis le 5 décembre et le début du mouvement de contestation du projet gouvernemental de réforme du système des retraites. Si l'Unsa-Ferroviaire a appelé à une pause pendant les vacances scolaires, la CGT-Cheminots, Sud-Rail et la CFDT-Cheminots ont eux poursuivi le mouvement, entraînant d'importantes perturbations à la veille du réveillon de Noël. Ce mardi, seuls deux TGV sur cinq et quatre TER sur dix circulaient en moyenne.

"Aujourd'hui, nos prévisions nous laissent penser que le service du week-end prochain sera amélioré par rapport à celui du week-end passé", estime Jean-Pierre Farandou dans les colonnes du Monde. "Nous avons eu des reprises de travail ces jours derniers, et on assiste à une décrue lente mais régulière des taux de grévistes". "On est aujourd'hui à moins de 50% des conducteurs en grève, moins de 30% des contrôleurs, autour de 10% des aiguilleurs", ajoute-t-il. "J'ai, du coup, bon espoir que, début janvier, on puisse enregistrer une nouvelle amélioration."

Le fret en première ligne

Comme souvent en période de grève, le fret est touché de plein fouet, admet le patron de la SNCF. "Mais nos équipes de SNCF Réseau ont fait des miracles, et chaque jour nous parvenons à faire rouler 30 à 40% des transports de fret programmés, soit un taux en ligne avec les transports de voyageurs. Le traitement du fret est donc tout à fait équitable", détaille-t-il au 'Monde'.

Il évoque cependant "une mauvaise nouvelle pour le fret" avec ce mouvement. "C'est trop tôt pour faire le calcul, mais je crains qu'un certain nombre de tonnes qui échappent au train à l'occasion de cette grève ne restent dans le mode routier. C'est d'autant plus un crève-coeur que je veux, en tant que président de la nouvelle SNCF, donner un avenir au transport de marchandises par train dans notre pays".

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