Guettant le pic de l'épidémie, les marchés entre espoir et prudence

Guettant le pic de l'épidémie, les marchés entre espoir et prudence
Les marchés conservent leur entrain attendant le pic de l'épidémie

AFP, publié le mardi 07 avril 2020 à 22h46

Voulant croire que le pic de l'épidémie se rapproche en Europe et aux Etats-Unis, les marchés boursiers ont gardé leur entrain mardi en Asie et en Europe. Mais un regain de prudence en fin de journée a freiné Wall Street et le pétrole.

Comme les grandes Bourses asiatiques, les indices européens ont fini en forte hausse, tous au-dessus de 2%: Paris +2,12%, Francfort +2,79%, Londres +2,19%, Milan +2,19% et Madrid +2,30%.

De l'autre côté de l'Atlantique en revanche, Wall Street a terminé en légère baisse après avoir pourtant évolué dans le vert presque toute la séance: son indice vedette, le Dow Jones, a cédé 0,12%. 

"Les investisseurs regardent les événements par le prisme des plans de relance et la perspective d'être probablement plus proches de la fin de l'épidémie qu'au début", remarque Michael Hewson, analyste chez CMC Markets. "Le temps dira s'ils ont raison mais le trajet va probablement être cahoteux", prévient-il.

Si les marchés avaient repris un peu espoir dès lundi, après la baisse au cours du week-end du nombre quotidien de décès en Italie et en Espagne, la décrue paraissait loin d'être confirmée mardi.

Le bilan quotidien est reparti à la hausse en Espagne mardi, comme cela avait été le cas lundi en Italie et en France.

L'inquiétude était également vive au Royaume-Uni qui a enregistré 786 décès supplémentaires de personnes atteintes du coronavirus en 24 heures, un nouveau record, portant à plus de 6.000 le nombre de morts dans le pays.

L'Etat de New York, épicentre de l'épidémie de coronavirus aux Etats-Unis, a de son côté enregistré un nouveau nombre record de 731 morts au cours des dernières 24 heures.

"Il est trop tôt pour déclarer un tournant dans la pandémie et les investisseurs devraient continuer à s'attendre à une volatilité élevée", remarque UBS dans une note.

Tout en continuant à examiner les diverses données sur la propagation du virus, les investisseurs "vont devoir vérifier si les mesures de stimulus annoncées par les gouvernements du monde entier ces dernières semaines atteignent leur objectif, aidant à éviter une forte hausse du chômage et des faillites", estime la banque.

"Les marchés sous-estiment probablement encore la durée des mesures de confinement, et en particulier le temps qu'il faudra pour revenir à la "normale" par la suite", souligne aussi Esty Dwek, responsable des stratégies de marché de Natixis IM Solutions.

- Vers un déconfinement progressif ? -

La Commission européenne va présenter mercredi des "orientations" pour assurer une sortie coordonnée de la période de confinement, qui touche à ce jour plus de la moitié de l'humanité.

Pour tenter d'alléger la facture de la crise sur le plan économique, les États et des banques centrales continuaient à alimenter un déluge d'argent.

L'administration Trump a ainsi engagé de nouvelles discussions avec les responsables du Congrès pour apporter 250 milliards de liquidités supplémentaires aux petites et moyennes entreprises (PME) et leur permettre de payer leurs employés pendant la crise du coronavirus. Ils viendraient s'ajouter aux 350 milliards qui figurent dans le gigantesque plan d'aide à l'économie de 2.200 milliards de dollars adopté fin mars.

La Banque centrale américaine avait déjà annoncé lundi qu'elle allait se mobiliser pour faciliter les prêts aux PME.

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé de son côté mardi un ensemble de mesures pour faciliter l'octroi de garanties par les banques se refinançant à ses guichets, de manière à atténuer le resserrement du crédit dans la zone euro.

L'UE a aussi annoncé qu'elle allait garantir plus de 15 milliards d'euros pour aider les pays les plus vulnérables à lutter contre le Covid-19.

Comme à Wall Street, la prudence a fini par l'emporter sur le marché du pétrole confronté aux incertitudes autour de la capacité des géants mondiaux de l'or noir à s'accorder pour réduire leur production lors d'une importante réunion jeudi.

A New York, le baril de WTI a plongé de 9,4% tandis que le baril de Brent a reculé de 3,6% à Londres.

Sur le marché des changes, l'euro rebondissait fortement face au dollar après six jours de baisse (+1% vers 20H00 GMT à 1,0902 dollars).

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