Guillaume Pépy en a assez du "cheminot bashing"

Guillaume Pépy en a assez du "cheminot bashing"
Guillaume Pepy le président de la SNCF

Boursier.com, publié le mercredi 07 mars 2018 à 14h55

Il n'y aura pas de troisième round pour Guillaume Pépy... Le président de la SNCF a annoncé mercredi sur Europe 1 qu'il ne solliciterait pas en 2020 un troisième mandat à la tête de l'entreprise publique, comme ses "prédécesseurs, Louis Gallois et Jacques Fournier qui ont fait deux mandats". "Je pense qu'il est bien qu'il y ait un oeil neuf", a ajouté Guillaume Pepy, 59 ans, qui dirige le groupe ferroviaire depuis février 2008.

Guillaume Pepy avait été convoqué en janvier à la suite de nombreux problèmes techniques, notamment à la gare Montparnasse, et le gouvernement lui avait alors renouvelé sa confiance. Avant son départ, il devra s'atteler à la difficile réforme de la SNCF - qui doit notamment amener à terme à une disparition du statut actuel des cheminots.

Marre du "bashing"

Le patron de la SNCF a d'ailleurs dénoncé les critiques à l'égard de ces derniers. "On est vraiment dans une période de SNCF "bashing" et de cheminots "bashing" et j'en ai assez, je trouve que c'est nul et inutilement méchant", a-il lancé. Selon lui, le gouvernement n'est pas en cause, mais il "entend que les cheminots sont des fainéants", et veut donc dénoncer les caricatures. "Non, il n'y a pas de prime de charbon, non il n'y a pas 28 jours de RTT. En revanche, il y a de l'engagement, de la compétence et des efforts", a-t-il assuré.

Pour autant, Guillaume Pepy défend une nouvelle fois dans une tribune la réforme, estimant que la SNCF doit se "réinventer". "C'est une opportunité historique, car pour la première fois, l'Etat accepte de tout mettre sur la table et de traiter enfin l'ensemble des questions", ajoute, dans ce texte paru mercredi dans 'Le Monde', le numéro un de l'entreprise, pour qui l'ouverture à la concurrence "peut être une chance". "J'entends également les craintes quant à la fin du recrutement au statut. Mais là aussi, disons les choses clairement : stopper le statut pour les nouveaux entrants, c'est d'abord le conserver pour tous ceux qui l'ont", argumente-t-il.

Un fusible ?

La CGT-Cheminots, premier syndicat de la SNCF, estime que l'actuel président du directoire ne pourra pas aller au terme de son mandat. "Nous considérons que Guillaume Pepy va être utilisé comme un fusible par le gouvernement. Soit il mène la réforme au bout et après on le remerciera (...), soit il servira de fusible si jamais la réforme ne va pas au bout", a jugé le secrétaire général Laurent Brun en marge d'une conférence de presse.

Un rapport de force s'est engagé entre l'exécutif et les quatre organisations représentatives, qui décideront le 15 mars d'appeler ou non à la grève, peut-être d'une même voix. Echaudés par le rapport remis à la mi-février par l'ex-PDG d'Air France Jean-Cyril Spinetta, les syndicats contestent l'analyse et la méthode du gouvernement, décidé notamment à supprimer le régime des cheminots pour les futures recrues et à recourir aux ordonnances pour mener à bien sa réforme.

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