Hidalgo veut passer en force sur la piétonnisation des berges à Paris

Hidalgo veut passer en force sur la piétonnisation des berges à Paris©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 05 mars 2018 à 09h57

La maire de Paris ne veut pas revenir en arrière sur la piétonnisation des berges. Anne Hidalgo annonce dans une interview à 'Libération' qu'elle compte passer outre l'annulation par le tribunal administratif de la fermeture à la circulation automobile des voies sur la rive droite de la Seine. Le tribunal administratif de Paris, saisi par la droite régionale et parisienne, avait retoqué le 21 février cette décision emblématique du mandat de l'élue socialiste.

"Dès cette semaine, avec le soutien de l'Etat qui accompagne cette démarche, je vais prendre un arrêté, mobilisant les pouvoirs de police du maire, pour maintenir la piétonnisation de cette voie", déclare Anne Hidalgo. "C'est arrêté permanent", précise-t-elle. Cet arrêté prendra cependant en compte les recommandations du tribunal car il sera fondé sur une nouvelle base légale : la défense du patrimoine et l'intérêt touristique plutôt que la défense de l'environnement stricto sensu.

Appel de la décision du tribunal

"Ma conviction est que la conquête de cet espace par les piétons et les circulations douces était utile et nécessaire. D'ailleurs, les désagréments pour les automobilistes sont aujourd'hui limités. En un an, le trafic de report a baissé de 28,8 % sur les quais hauts rive gauche, de 11,2 % sur les quais hauts rive droite et de 5,4 % sur le boulevard Saint-Germain. Les encombrements sont donc bien temporaires", explique Anne Hidalgo à 'Libération'.

La maire socialiste annonce également son intention de faire appel de la décision du tribunal administratif et assure que le préfet de police de Paris, comme l'Elysée, sont convaincus qu'il ne faut pas rouvrir les berges à la circulation automobile. Cet appel n'est pas suspensif, et la décision devrait tomber d'ici un an, estime l'élue.

Manque de pédagogie ?

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a pour sa part jugé dimanche que l'interdiction de la circulation automobile sur les berges de la Seine allait dans le sens de l'histoire mais qu'Anne Hidalgo, à qui elle a apporté un soutien en demi-teinte, avait manqué de pédagogie. "Le sens de l'histoire, c'est de réduire la place de la voiture dans les villes", a-t-elle dit dans le cadre du Grand jury RTL-Le Figaro-LCI. "Remettre des voitures sur les voies sur berges, personne ne comprendrait autour de nous (...) Shanghaï a reconquis les berges de ses fleuves, Bordeaux aussi. C'est ce qu'il se passe partout."

Mais "ces transitions, c'est important de les expliquer et de les accompagner", a-t-elle ajouté. "Il faut le faire dans la concertation, en expliquant, en proposant des alternatives." "Manifestement, (la) décision (d'Anne Hidalgo) n'a pas été très bien comprise", a-t-elle conclu. "Donc, je pense qu'il faut de l'explication, de la pédagogie et de l'accompagnement."

La présidente Les Républicains de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, propose quant à elle un plan de "compromis", rapporte Le Figaro dans son édition de lundi. Selon ce quotidien, l'élue LR prône des mesures "alternatives et progressives", "moins brutales", qui réintroduisent temporairement la voiture sur ces voies sur berge jusqu'à leur piétonnisation totale en 2021.

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