Honda stoppe son usine britannique face à la congestion des ports

Honda stoppe son usine britannique face à la congestion des ports
Le site de Honda à Swindon, dans le sud de l'Angleterre, le 19 février 2019

AFP, publié le mercredi 09 décembre 2020 à 12h45

Le constructeur automobile japonais Honda a annoncé une pause mercredi dans la production de son usine britannique de Swindon, faute d'un nombre suffisant de pièces détachées en raison de l'encombrement de plusieurs ports au Royaume-Uni avant la fin de la période de transition vers le Brexit.

Une décision de mauvais augure alors qu'un Brexit sans accord commercial avec l'Union européenne aggraverait la situation pour tout le secteur manufacturier. A trois semaines de la fin de la période de transition, les négociations entre Londres et Bruxelles s'enlisent.

"Honda a confirmé à ses employés que la production sera arrêtée mercredi 9 décembre du fait de retards dans l'approvisionnement de composants", selon une déclaration du groupe envoyée à l'AFP.

"Nous surveillons actuellement la situation avec la volonté de reprendre la production aussi vite que possible", complète le groupe qui n'indique pas si cet arrêt sera prolongé au-delà de la seule journée de mercredi.

Cette usine du Sud de l'Angleterre, à l'ouest de Londres, est la seule du géant nippon en Europe et doit fermer en 2021, avec la suppression de 3.500 emplois.

Cette décision annoncée en 2019 avait créé la consternation au Royaume-Uni mais le groupe avait assuré que le Brexit n'en était pas la raison, mettant en avant notamment le retournement du marché automobile en plein scandale du "dieselgate" et la tendance vers les véhicules électriques.

L'usine fonctionne selon le système du "just in time", c'est-à-dire que les pièces détachées sont livrées juste avant l'assemblage et ne sont pas stockées, ce qui rend la production très sensible à toute perturbation de la chaîne d'approvisionnement.

Honda fait face comme de nombreuses autres entreprises à une congestion de certains grands ports britanniques du fait d'un afflux de porte-conteneurs ces dernières semaines.

Cet encombrement s'explique par un regain d'activité au Royaume-Uni après le confinement et par les préparatifs du Brexit qui poussent des entreprises à constituer des stocks de peur d'un "no deal".

Le port de Felixstowe, le plus grand du pays pour les conteneurs, est le plus touché mais les problèmes s'étendent à d'autres comme celui de Southampton (Sud).

Les associations représentant l'industrie portuaire et du fret viennent d'écrire au ministre des Transports Grant Shapps afin de demander l'aide du gouvernement.

"Même si le pic de la congestion est passé, les volumes vont rester élevés et pourraient persister pendant des mois", écrivent-elles.

D'autres secteurs sont affectés par ces problèmes, les entreprises du BTP manquant par exemple d'outils et les distributeurs expliquant être touchés par des pénuries de machines à laver ou de jouets.

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