Hôtellerie: la situation "ne va pas aller en s'arrangeant", avertit le PDG d'Accor

Hôtellerie: la situation "ne va pas aller en s'arrangeant", avertit le PDG d'Accor
Sebastien Bazin, le PDG du groupe Accor, à Matignon le 15 mai 2019

AFP, publié le mardi 20 octobre 2020 à 10h21

Le PDG du groupe hôtelier français Accor, Sébastien Bazin, estime que la situation "ne va pas aller en s'arrangeant" dans les semaines à venir pour l'hôtellerie en France en raison du couvre-feu instauré dans huit métropoles.

"Cet été nous étions à -40% par rapport à l'été de l'année dernière, en mars on était à -90% donc il y a eu un rebond de courte durée, du 1er juillet jusqu'au 4 septembre. Maintenant on est à -60%" a-t-il indiqué mardi sur France inter.

"Et puis ça ne va pas aller en s'arrangeant, avec le couvre-feu, dans les semaines qui sont devant nous", a poursuivi le PDG d'Accor, qui compte quelque 5.000 hôtels dans le monde et des marques emblématiques comme Ibis, Sofitel, Novotel, Mercure ou Pullman.

Interrogé sur un éventuel rebond de l'activité pendant les vacances scolaires de la Toussaint, il a répondu: "On n'en sait fichtre rien parce que maintenant les gens réservent à 4 jours de leur départ. Mais ça ne va pas être très joli".

En Europe, où Accor fait la moité de son chiffre d'affaires, "c'est la catastrophe", a estimé M. Bazin, pointant "une totale incohérence entre les mesures prises entre les Etats de l'Union: pour le voyageur c'est incompréhensible, donc il ne voyage pas".

"Il est grand temps (...) qu'on mette une procédure commune entre les différents pays" afin de permettre de circuler entre eux, a-t-il dit. Si la Chine "est repartie exactement comme avant le Covid en l'espace de 9 mois " et les Etats-Unis "souffrent moins parce qu'ils ont 350 millions de clients dans un même territoire", "l'Europe est l'endroit où on souffre le plus, avec l'Amérique latine", a-t-il dit.

Pour "se serrer les coudes" avec les restaurateurs français soumis au couvre-feu, les "propriétaires volontaires" du groupe vont leur proposer de "prendre possession de (leur) restaurant d'hôtel" en mettant "leur marque, leur identité, leur concept, leur menu, leur nappe à carreaux", a-t-il annoncé.

"Ils vont accueillir leurs clients de quartier et faire en sorte que ces clients viennent faire dodo chez nous à un prix coûtant" afin de respecter le couvre-feu à 21h, ce qui donnera lieu à "un partage de marge", a expliqué M. Bazin. 

Touché de plein fouet par la crise sanitaire, Accor a accusé une perte nette massive de 1,5 milliard d'euros au premier semestre et va supprimer 1.000 emplois dans le cadre d'un plan d'économies, dont "300 à 400" en France, a-t-il précisé mardi.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.