Il n'y aura pas d'aéroport à Notre-Dames-des-Landes

Il n'y aura pas d'aéroport à Notre-Dames-des-Landes©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 17 janvier 2018 à 15h22

C'est officiel, il n'y aura pas de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Après des années de suspense, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé mercredi l'abandon du projet et l'évacuation des occupants illégaux de la zone d'ici "au printemps". "Je constate aujourd'hui que les conditions ne sont pas réunies pour mener à bien le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes", a déclaré le chef du gouvernement lors d'une déclaration à la presse à l'issue du conseil des ministres à l'Elysée. "Notre-Dame-des-Landes aujourd'hui, je le constate, c'est l'aéroport de la division".

"Le projet de Notre-Dame-des-Landes sera donc abandonné, cette décision est logique au regard de l'impasse dans laquelle se trouve ce dossier", a-t-il ajouté, quelques jours après sa visite surprise à Notre-Dame-des-Landes et une série de consultations d'élus. "Cette décision est sans ambiguïté, les terres retrouveront leur vocation agricole, elles ne seront pas conservées pour réaliser ultérieurement le projet", a-t-il précisé. "Cette décision est une décision d'apaisement, elle doit être l'occasion d'un nouveau départ".

2ème option

Le gouvernement a choisi une autre option : moderniser l'aéroport de Nantes-Atlantique dans des "délais rapides", a indiqué Edouard Philippe. La procédure pour l'allongement de la piste de l'aéroport de Nantes-Atlantique sera également lancée et l'aéroport de Rennes sera parallèlement agrandi. Le Premier ministre n'a pas mentionné le contrat signé avec Vinci fin 2010 couvrant l'exploitation des aéroports existants de Nantes-Atlantique et Saint-Nazaire Montoir, la construction du nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes et le transfert vers celui-ci de la plate-forme de Nantes Atlantique.

Chantage et violence ?

C'est donc une victoire pour les opposants au projet. Mais la maire de Nantes, Johanna Rolland, a évoqué une "trahison". "Je demande officiellement au président de la République de me recevoir pour parler de l'avenir de la métropole, pour parler de l'avenir du Grand Ouest", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse. "Le gouvernement cède à la facilité, cède au chantage de la violence", a-t-elle ajouté.

Le site de 1.600 hectares occupé depuis 2009 par les opposants au projet et situé à une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes doit désormais être évacué. "Nous mettrons fin à la zone de non-droit qui prospère depuis plus de dix ans sur cette zone", a assuré Edouard Philippe. "Les occupants illégaux de ces terres devront partir d'eux-mêmes d'ici au printemps prochain ou en seront expulsés", a prévenu le chef du gouvernement.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.