Île-de-France: Pécresse veut accélérer la concurrence dans les transports

Île-de-France: Pécresse veut accélérer la concurrence dans les transports
La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, présente la nouvelle rame du RER B fabriquée par Alstom sur son site de Reichshoffen, dans l'est de la France, le 4 octobre 2019

AFP, publié le mercredi 05 février 2020 à 18h22

La présidente de la Région Île-de-France Valérie Pécresse a réclamé mercredi au gouvernement l'accélération de l'ouverture à la concurrence des transports en commun en région parisienne, disant tirer des leçons des mouvements de grève de décembre et janvier.

L'autorité publique organisatrice des transports, Île-de-France Mobilités, présidée par Mme Pécresse, a annoncé dans un communiqué avoir "saisi le gouvernement d'une demande de modification de la loi pour accélérer l'ouverture à la concurrence des RER, tramways et métros avant 2030".

"L'Île-de-France a été particulièrement touchée pendant les grèves. Parmi les enseignements que je tire de cet épisode douloureux pour de nombreux Franciliens, l'accélération de la mise en concurrence est prioritaire pour baisser les coûts et augmenter la qualité de service", a déclaré la présidente de la Région, citée dans ce communiqué.

Avec la mise en concurrence, Île-de-France Mobilités espère notamment "améliorer la qualité de service" et "gagner en efficacité (pour) financer davantage de trains au même coût".

La loi Nouveau pacte ferroviaire permet à l'autorité organisatrice des transports d'ouvrir à la concurrence l'exploitation de huit lignes SNCF de la région à partir du 1er janvier 2023.

Pour le RER, les délais avant ouverture sont différents selon les lignes: RER E à partir de 2025, RER C et D entre 2033 et 2039, RER A et B au 1er janvier 2040. Pour le métro, l'ouverture à la concurrence est actuellement fixée en 2039.

"Les autres régions peuvent, elles, mettre en concurrence toutes les lignes de trains de leurs territoires à partir de 2023", souligne Île-de-France Mobilités.

L'autorité organisatrice des transports a adopté mercredi en conseil d'administration un échéancier des principales étapes du processus de mise en concurrence. Il prévoit notamment dès cette année le lancement d'une étude pour déterminer quelles lignes SNCF, parmi les huit éligibles, pourront être ouvertes à la concurrence dès 2023.

Un appel à manifestation d'intérêt est prévu pour 2021 afin d'entamer des discussions avec les candidats potentiels. Entre fin 2021 et fin 2022, une procédure d'appel d'offre doit être lancée pour désigner l'exploitant.

"Pour 2023, on peut lancer l'ouverture à la concurrence des premières lignes de Transilien", a affirmé Mme Pécresse, dans une interview au Parisien de mercredi, en évoquant "les lignes R et J, où on a besoin d'améliorations de services".

"Pour les autres, je souhaite qu'on accélère. La loi LOM a repoussé à 2039 l'ouverture à la concurrence des lignes de la RATP et à 2033 les lignes de RER. C'est trop tardif", a-t-elle affirmé. Ainsi "je lance l'ouverture à la concurrence des bus RATP pour être prête fin 2024" et "pour les métros et RER, je souhaite avancer le processus de dix ans", a-t-elle précisé, affirmant que "l'objectif, c'est que tout le réseau puisse être ouvert à la concurrence à l'horizon 2030".

"L'ouverture à la concurrence n'est pas la privatisation. Les lignes pourraient toujours être exploitées par la SNCF ou la RATP, mais elles seraient forcées d'améliorer leur offre pour être compétitives face à d'autres opérateurs, publics ou privés", a par ailleurs assuré Mme Pécresse dans cette interview.

Ces annonces ont suscité une vive opposition du parti communiste qui a dénoncé un "choix catastrophique pour les transports franciliens et avant tout pour les usagers". "Valérie Pécresse veut être la Thatcher des transports en Île-de-France. On le voit au Royaume-Uni, la concurrence généralisée ne marche pas", a réagi Jacques Baudrier, conseiller communiste de Paris et administrateur.

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