Incertitudes pour l'Aléna à la reprise des négociations

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 La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, le 16 janvier 2018 à Vancouver

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, le 16 janvier 2018 à Vancouver

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© AFP, Don MacKinnon

AFP, publié le dimanche 21 janvier 2018 à 08h50

La renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique entre dans une phase cruciale mardi à Montréal, alors que le président Donald Trump continue de souffler le chaud et le froid sur ce pacte commercial qu'il menace d'abroger.

Cette sixième ronde de négociations entre les représentants des trois pays se déroule, pendant six jours, dans un contexte de relations commerciales tendues entre le Canada et les Etats-Unis où le président Donald Trump vient de souligner sur Twitter que "l'Aléna est une mauvaise blague!".

Irrité par une série de taxes antidumping et compensatoires imposées récemment sur ses exportations vers les Etats-Unis -- sur le bois de construction, les avions CSeries de Bombardier ou le papier journal --, le Canada a porté plainte à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) contre les pratiques protectionnistes des Américains.

Faisant monter d'un cran la pression avant d'accueillir mardi ses invités américains et mexicains, le Canada a entamé vendredi les "démarches nécessaires dans le cadre du processus d'appel" de l'Aléna pour contester les droits de douane sur les importations de bois et des CSeries Bombardier.

Conformément à un engagement de sa campagne, le président Trump a obligé ses deux voisins à renégocier les termes de l'accord de libre-échange datant de 1994.

A l'automne, les trois pays se sont donné jusqu'à fin mars pour s'entendre sur la modernisation de l'Aléna, "la plus grande zone de libre-échange au monde", se plaît à rappeler la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

Chargée des négociations, Mme Freeland reste prudente et se prépare "au pire" avec un éventuel retrait américain de l'accord.

Engagées il y a six mois, les négociations qui vont se poursuivre à Montréal sont organisées sur 28 thèmes et autant de litiges, certains fort épineux.

- 'Pas de partenaire de danse' -

Jusqu'ici "très peu de progrès ont été accomplis et (...) peu d'efforts sont faits par les Américains, au point de se demander s'ils ne préparent pas le terrain pour que M. Trump puisse annoncer +nous nous retirons+", a déploré jeudi Rona Ambrose, une des négociatrices canadiennes sur la chaîne CTV.

"Quand vous n'avez pas de partenaire de danse en face de vous, cela devient vraiment difficile", a souligné l'ex-dirigeante du parti conservateur et nommée par le Premier ministre Trudeau au conseil de l'Aléna.

Egalement membre de ce conseil, James Moore se montre plus optimiste avec la possibilité d'un compromis sur l'accès aux marchés publics américains ou encore sur les règles d'origine dans le secteur automobile, deux points que le président Trump veut resserrer en faveur des Etats-Unis.

Quelque 14 millions d'emplois aux Etats-Unis dépendent des échanges de marchandises avec le Canada et le Mexique et l'abrogation de l'accord entraînerait immédiatement la suppression "de plus de 300.000 postes", a souligné M. Moore, citant une étude de la Chambre de commerce des Etats-Unis.

Hormis les "questions de fond" à l'ordre du jour, "la grande question est de savoir si les Américains vont décider de poursuivre les négociations au-delà de Montréal ou s'ils vont prendre prétexte de résultats décevants (...) pour enclencher le processus de retrait de l'accord", avec un préavis de six mois au Congrès américain, a confié à l'AFP Louis Bélanger, politologue à l'université Laval à Québec.

En cas d'avancée des tractations, la poursuite des négociations pourrait être reportée "jusque après les élections de mi-mandat" en novembre aux Etats-Unis, selon ce spécialistes de l'Aléna.

A l'inverse, Ian Lee, de l'université Carleton d'Ottawa, s'attend à ce que "les Etats-Unis abrogent le pacte commercial ou suspendent les négociations", de façon à ce que le président Trump puisse proclamer avoir tenu tête aux "tricheurs mexicain et canadien avant les élections de mi-mandat".

Chrystia Freeland, le représentant au Commerce des Etats-Unis Robert Lighthizer et le ministre de l'Economie du Mexique, Ildefonso Guajardo ont prévu de faire le point sur les négociations en conclusion des discussions le 29 janvier.

Avant cela, ces trois diplomates se croiseront au Forum économique de Davos (Suisse) où ils sont attendus dès mardi.

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1 commentaire - Incertitudes pour l'Aléna à la reprise des négociations
  • avatar
    ajlbn -

    référence à l'article :

    La France insoumise de Mélenchon va ouvrir une "école"


    Statut : refusé

    Il y a 14 heures


    Référence à la réaction :
    C'est une bonne idée! Au moins un mouvement qui ne pense pas avoir la science infuse, et qui se donne comme mission d'ouvrir les esprits et d'apprendre. A côté des issus des grandes écoles qui prétendent tout savoir et qui ont surtout mis le pays dans le mur, remettre au goût du jour l'apprentissage et le partage des connaissances, tout ceci me paraît frappé au coin du bon sens. On ne peut bien faire sans savoirs multiples.
    supprimer commenter
    Statut : refusé
    Il y a 20 minutes
    J'ai réveillé la cellule de réponse formatée des anti- France Insoumise et de l'anti- gauche! La pensée unique, à lire les propos, ne peut -être que de gauche! Les pensées libérales, ultra libérales, affairistes, de castes, sont seules les vérités révélées, mais pas uniques, et des dogmes pas intangibles selon vous?. C'est aller un peu vite en besogne. Les méfaits du capitalisme sauvage sont nombreux, en commençant par l'esclavage, qui de mémoire, n'est pas de gauche. De plus en plus de riches à millions et à milliards et de plus en plus de millions et de milliards de pauvres, conséquences de cette politique qui semble vous convenir, vous en pensez quoi? Des pays ultra libéraux qui déstabilisent d'autres pays pour exploiter, à leur seul bénéfice, les ressources, vous en pensez quoi?
    supprimer


    Statut : refusé
    Il y a 2 heures
    A Dame-Hermeline - Dommage que vous soyez en privé! Enfin, chacun fait comme il veut...Il est une réalité, tous les partis, de tous bords, ont eu, ou ont des "pépinières" pour leur futurs cadres, et des centres de formation pour leurs élus. C'est factuel. Ici, il s'agit d'une école non obligatoire, en site ou en ligne. Et embrigader des Insoumis, c'est un peu comme tenter la quadrature du cercle, non? Si vous en connaissez quelques uns, ce n'est pas le genre moutonnier.
    Il faut bien préparer l'avenir, informer, documenter, réfléchir, proposer, discuter, argumenter, encore réfléchir, écouter, comprendre, et ne pas arriver, comme d'autres, sans connaissance des sujets, et à en être réduits à lever la main pour voter comme il est conseillé par les instances dirigeantes. Façon caporalisme.

    La modération n'a aucun motif réel et sérieux de rejeter mon avis, qui ne fait que répondre à une série de commentaires, tous ou presque, manifestement contraires à mon propos, qui eux peuvent passer, mais moi, on me refuse de m'exprimer courtoisement. Mon journal est plein de ces abus, et j'ai prévenu votre service du comportement militant qui rejette mes réponses pour me museler. peine perdue, je vais le repasser autant de fois que nécessaire. Cordialement;

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