Inégalités hommes-femmes : les écarts se creusent avec l'ancienneté...

Inégalités hommes-femmes : les écarts se creusent avec l'ancienneté...©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 15 novembre 2019 à 06h45

Plus diplômées que les hommes, les femmes touchent néanmoins un salaire moins élevé après dix ans d'ancienneté.

La présence des femmes sur le marché du travail a fortement augmenté depuis 40 ans, se rapprochant de celle des hommes. Selon une étude de l'Insee, en 2018, 68% des femmes de 15 à 64 ans étaient actives (en emploi ou au chômage), soit 8 points de moins que les hommes - cet écart était de 31 points en 1975.

L'écart de taux d'activité entre femmes et hommes est faible en tout début de carrière. Un à quatre ans après leur sortie de formation initiale, 83% des femmes sont actives, soit 3 points de moins que leurs homologues masculins.

Au-delà de ces quatre années, les écarts sont plus marqués, atteignant 9 points. L'Insee explique ce phénomène par le fait que les femmes s'occupent plus souvent des enfants ("une motivation importante de l'inactivité professionnelle"), ce qui augmente l'écart d'activité avec les hommes...

Et le chômage ?

Concernant le chômage, le taux des femmes, qui était historiquement plus élevé, a été rejoint par celui des hommes en 2009. En début de carrière, les femmes sont moins au chômage, car elle sont plus diplômées. L'Insee rappelle qu'en 1980, en France métropolitaine, près d'un quart des femmes actives débutant sur le marché du travail étaient au chômage, soit le double du taux masculin.

Mais une fois sur le marché, le sous-emploi, qui comprend essentiellement des personnes à temps partiel souhaitant travailler plus et disponibles pour le faire, est plus fréquent chez les femmes quelle que soit l'ancienneté : 1 à 4 ans après la sortie de formation initiale, 12% des femmes qui travaillent sont en situation de sous-emploi contre 7 % des hommes. Cet écart persiste quelle que soit l'ancienneté de sortie de formation initiale.

Et les salaires ?

La progression des salaires avec l'ancienneté est plus marquée pour les hommes que pour les femmes. L'Insee révèle que l'écart de salaire mensuel net médian s'élève à 100 euros pour les débutants (1.400 euros pour les jeunes femmes contre 1.500 euros pour les jeunes hommes), mais il atteint 410 euros à partir de onze ans d'ancienneté (1.590 euros contre 2.000 euros).

Le temps partiel explique en partie ces écarts salariaux : pour les seuls salariés à temps complet, l'écart de salaire médian est moindre, passant de 70 euros entre un et quatre ans après la fin des études à 230 euros à partir de onze ans d'ancienneté. "Ces écarts défavorables aux femmes persistent néanmoins", estime l'institut.

Les jeunes femmes ont plus souvent suivi des études menant à des niveaux de rémunération plus élevés que leurs homologues masculins, mais d'autres facteurs influent aussi sur les rémunérations (positions socioprofessionnelles moins favorables dans des secteurs d'activité moins rémunérateurs, ou effet des interruptions d'activité sur les trajectoires professionnelles...).

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