Inégalités : l'écart entre riches et pauvres se creuse en France

Inégalités : l'écart entre riches et pauvres se creuse en France
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Boursier.com, publié le jeudi 17 octobre 2019 à 11h16

Selon la dernière étude de l'Insee, le taux de pauvreté s'est établi à 14,7% de la population française l'année dernière, soit une hausse de 0,6 points.

La France compte de plus en plus de pauvres... D'après une étude l'Insee, qui a publié ses estimations avancées des indicateurs d'inégalités mercredi, a fait état d'une augmentation de 0,6 points du taux de pauvreté de la population française en 2018, pour s'établir à 14,7%.

En 2018, on dénombrait ainsi 9,3 millions de personnes en situation de pauvreté en France. Le chiffre n'a cessé de grimpé depuis ces dernières années, puisqu'en 2017, 8,9 millions de personnes étaient en situation de précarité (14,1 % de la population), soit 0,4 % de plus par rapport à l'année 2016.

Pour rappel, selon l'étude, les "pauvres" désignent les personnes dont le niveau de vie est inférieur à 60% du niveau de vie médian, soit 1.050 euros par mois environ pour une personne seule. Ainsi, on compte un peu plus de 400.00 personnes ayant basculé en 2018 dans la pauvreté.

La hausse liée au prélèvement forfaitaire unique

Selon les estimations de l'Insee, l'indice de Gini, qui mesure les inégalités, a crû alors de 0,005 à 0,294 en 2018. Il s'agirait de la plus forte augmentation depuis 2010.

"La hausse des inégalités serait surtout liée à la forte augmentation des revenus des capitaux mobiliers désormais soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), concentrés chez les plus aisés", a expliqué l'institut.

Cette taxation à 30% (ou "flat tax") des revenus du capital, instaurée l'année dernière par Emmanuel Macron, "abaisse la fiscalité de certains revenus du patrimoine". Elle a entraîné une forte hausse des dividendes versés, "très concentrés dans le haut de la distribution" des revenus.

L'Insee précise toutefois que la hausse ne tient pas compte de la transformation de l'ISF en IFI "pour des contraintes de disponibilité de données".

Gel des allocations logement

Selon l'étude, les données provisoires tiennent également compte de "la baisse des allocations logement dans le parc HLM en 2018, mais pas de la réduction de loyer de solidarité destinée à la compenser, qui n'entre pas, par définition, dans la mesure des niveaux de vie". Si elle était inclue, l'augmentation du taux de pauvreté "serait plus modérée", autour de 0,2 point.

Par si les plus pauvres n'ont pas ou peu profité des mesures d'allègement fiscal (taxe d'habitation, CSG), ils bénéficient toutefois des hausses de minima sociaux et la prime d'activité, qui contribuent à réduire les inégalités.

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