Inégalités salariales : les femmes travaillent "bénévolement" à partir de 16h47

Inégalités salariales : les femmes travaillent "bénévolement" à partir de 16h47©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 05 novembre 2019 à 14h23

En France, le gouvernement tente de lutter contre le phénomène et a mis en place un index des inégalités salariales...

Pour la quatrième fois depuis 2016, le collectif "Les Glorieuses", qui milite pour l'égalité salariale, a calculé la date à partir de laquelle les femmes vont travailler "gratuitement" jusqu'à la fin de l'année... C'est ce mardi à 16h47 précisément, et cela signifie que virtuellement, les femmes françaises ne vont plus toucher un euro d'ici le 31 décembre, si l'on calcule la différence de salaire moyen entre les hommes et les femmes.

Une différence qui reste importante : 16% de salaire en moins pour les femmes dans l'Union européenne selon les chiffres de Bruxelles, soit un peu mieux qu'en 2018 (16,2%). En France, selon les chiffres officiels, le salaire des femmes "à travail de valeur égale" est inférieur de 9% à celui des hommes...

Malgré les lois et les traités

"Cela fait 60 ans que le principe de l'égalité salariale a été inscrit dans les traités européens, et pourtant la réalité quotidienne des femmes dans toute l'Europe ne reflète toujours pas les lois. Les femmes européennes continuent de travailler gratuitement durant deux mois par rapport à leurs collègues masculins et les progrès réalisés sont trop lents", peut-on lire dans un communiqué signé par Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne, Marianne Thyssen, commissaire chargée de l'emploi et Vera Jourova, chargée de l'égalité des genres.

En France, le gouvernement tente de lutter contre le phénomène et a mis en place un index des inégalités salariales. Depuis le 1er septembre, les entreprises de taille intermédiaire - soit celles qui comptent entre 250 et 1.000 salariés - doivent publier leur score... Et les premières données tombées à la rentrée sont mauvaises : près de 16% des entreprises qui ont joué le jeu ne sont pas dans les clous (elles n'obtiennent pas la note de 75/100). Elles doivent donc améliorer leurs pratiques d'ici trois ans, sous peine de sanction, a averti la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

Révolution culturelle ?

Le gouvernement espère, à travers cet outil, créer une véritable "révolution culturelle", la loi étant pour l'instant peu appliquée en la matière. "Nous misons sur l'émulation positive que la transparence des données va entraîner... De nombreuses études démontrent que les entreprises qui pratiquent l'égalité sont aussi plus performantes ! Cela crée notamment de l'attractivité, du dynamisme...", expliquait Muriel Pénicaud au 'Parisien' en septembre...

Vos réactions doivent respecter nos CGU.