Inégalités salariales : les femmes travaillent "gratuitement" à partir de 16h16

Inégalités salariales : les femmes travaillent "gratuitement" à partir de 16h16©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 04 novembre 2020 à 15h49

Les femmes perdent 39,2 jours ouvrés de travail rémunéré, selon le collectif Les Glorieuses...

Pour la cinquième année consécutive, le collectif féministe "Les Glorieuses" a calculé la date symbolique à partir de laquelle les femmes vont travailler "gratuitement" jusqu'à la fin de l'année, en raison des inégalités de salaires entre les femmes et les hommes en France. C'est ce mercredi 4 novembre, à partir de 16h16 précisément.

La newsletter, qui milite pour l'égalité salariale, se base sur les statistiques de l'Office européen de statistiques Eurostat selon lesquelles le salaire des Françaises est de 15,5% inférieur à celui des hommes. Ce qui représente cette année 39,2 jours ouvrés de travail rémunéré.

En 2019, l'écart s'établissait à 15,4% et à 15,1% en 2016. A noter qu'il est également supérieur à la moyenne des Etats-membres de l'Union européenne, qui s'élève à 14,8%. Selon le collectif, la crise sanitaire et ses répercussions sociales et économiques risque d'aggraver la situation.

"La relance doit reposer sur une approche féministe"

"La crise sanitaire a sollicité la résilience des femmes, plus que jamais en première ligne. Pourtant, le plan de relance de 100 milliards d'euros présenté par le gouvernement ne les mentionne pas une seule fois", a souligné Rebecca Amsellem, docteure en Economie et fondatrice des Glorieuses dans un communiqué.

"La relance doit reposer sur une approche féministe et corriger les discriminations économiques envers les femmes. D'autant que les inégalités qu'elles subissent risquent d'empirer avec la crise du Covid", a-t-elle estimé.

Index des inégalités salariales

Pour rappel, en France, le gouvernement a mis en place un index des inégalités salariales depuis 2019. Chaque entreprise d'au moins 250 salariés doit ainsi calculer et publier tous les ans son indice d'égalité femmes-hommes, qui comprend 5 critères, dont l'écart de rémunération femmes-hommes ou encore l'écart dans les augmentations annuelles. C'est aussi le cas depuis mars 2020 pour les entreprises de 50 à 250 salariés.

"En mars 2020, 77% des entreprises de plus de 1.000 salariés avaient renseigné leur index. Elles sont aujourd'hui 97%. Et depuis le 1er mars, cette démarche est devenue obligatoire pour les entreprises de 50 à 250 salariés : 52% d'entre elles ont fait l'effort de le remplir malgré le contexte sanitaire et économique", avait détaillé la ministre du Travail dans un entretien au 'Parisien' début octobre.

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