Infrastructures : Donald Trump veut mobiliser 1.500 Mds$ aux Etats-Unis

Infrastructures : Donald Trump veut mobiliser 1.500 Mds$ aux Etats-Unis©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 12 février 2018 à 21h39

Il s'agissait d'une des principales promesses de campagne de Donald Trump, que le président républicain avait répétée fin janvier lors de son discours sur l'état de la Nation. Il s'est engagé à faire rénover les infrastructures américaines vieillissantes, alors que bon nombre d'entre elles (aéroports, ports, ponts, routes, chemins de fer...) datent des années 1950-1970 et donnent des signes d'essoufflement, voire de "décrépitude" selon Donald Trump.

"Une grande semaine pour l'infrastructure"

Lundi, le président américain a donc dévoilé quelques détails chiffrés de son projet, qui se présente comme un vaste plan d'investissements d'un montant de 1.500 milliards de dollars (environ 1.220 MdsE) sur 10 ans, dont 200 Mds$ (160 MdsE) financés par l'Etat fédéral, et 1.300 Mds$ qui devraient être apportés par les états américains et des investisseurs privés.

"Ce sera une grande semaine pour l'infrastructure. Après avoir dépensé si bêtement 7.000 milliards au Moyen-Orient, il est temps à présent de commencer à investir dans NOTRE pays", a  ainsi "tweeté" le président lundi matin...

This Infrastructure. After $7 Middle East, OUR Country! - Donald J. Trump (@realDonaldTrump)

Dans le cadre de ce plan, la Maison Blanche a aussi annoncé lundi la simplification des procédures de permis de construire pour les réduire à deux ans, alors qu'actuellement, elles peuvent durer jusqu'à 10 ans...

Des réticences au Congrès sur fond d'accroissement de la dette

Le projet doit désormais franchir le cap du Congrès, où bon nombre d'élus s'interrogent sur les moyens de financer les 200 Mds$ dans le budget fédéral, alors que le déficit public risque déjà d'être creusé par la baisse des impôts entérinée fin 2017. Lors de rencontres prévues mercredi entre Donald Trump et des parlementaires des deux partis, l'administration devrait annoncer des "coupes dans d'autres programmes" afin de financer ces travaux...

Selon des sources gouvernementales, citées par l''AFP', le plan infrastructures devrait avoir du mal à être approuvé, compte-tenu d'un Sénat divisé et de la perspective des élections de mi-mandat au Congrès en novembre... Dans cette optique, peu d'élus sont prêts à endosser des coupes budgétaires massives dans certains programmes sociaux fédéraux... Les démocrates réclament non pas des coupes budgétaires, mais la création de nouvelles recettes, notamment via un alourdissement de la fiscalité sur les carburants.

La Bourse apprécie, mais a d'autres priorités

A Wall Street, où le secteur de la construction et du BTP a fortement progressé depuis l'élection de Trump, les valeurs du secteur ont monté lundi, dans le cadre d'un rebond général des marchés après leur chute de plus de 5% la semaine dernière. L'indice sectoriel S&P 500 des valeurs de construction et d'ingénierie a gagné 1,75% en clôture, surperformant légèrement l'indice large S&P 500 qui a avancé de 1,4%. L'indice sectoriel "Construction et ingénierie" a plongé de plus de 9% lors de la récente correction, mais il gagne encore environ 20% depuis l'élection de Donald Trump en novembre 2016.

Les investisseurs restaient surtout focalisés sur les perspectives plus générales de risques inflationnistes et de hausses des taux, qui pourraient faire dérailler davantage les marchés boursiers. Après des hausses de salaires plus élevées que prévues en janvier aux Etats-Unis (+2,9% sur un an), les marchés attendent avec nervosité l'indice des prix à la consommation (CPI) en janvier, qui sera publié mercredi. En outre, la perspective d'une hausse de la dette publique américaine, qui se traduira par une augmentation des émissions d'obligations d'Etat cette année, inquiète aussi, dans la mesure où elle va gonfler l'offre de titres, faisant baisser leurs cours et remonter encore les taux d'intérêts.

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