Intercités Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon: l'appel d'offres sans suite

Chargement en cours
A la gare de Nantes, le 17 juin 2014
A la gare de Nantes, le 17 juin 2014
1/3
© AFP

AFP, publié le jeudi 17 décembre 2020 à 11h50

Le gouvernement a déclaré sans suite l'appel d'offres de mise en concurrence des trains Intercités Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux pour lequel la SNCF était la seule candidate, a indiqué jeudi le ministère des Transports.

"Au regard des difficultés économiques rencontrées par les acteurs ferroviaires suite à la crise sanitaire et en l'absence de perspective fiable de reprise des trafics, le gouvernement constate que les conditions ne sont pas remplies, à ce jour, pour permettre une concurrence juste et équitable, propre à garantir le meilleur service à l'usager au meilleur prix, et a décidé de déclarer sans suite l'appel d'offres en cours", a expliqué le ministère.

"L'Etat examinera les conditions d'une relance de la procédure de mise en concurrence, dès lors qu'il disposera d'une visibilité claire sur l'issue de la crise sanitaire", a-t-il précisé dans un communiqué.

Dans une note interne, la SNCF indique que le ministère des Transports l'a informée de sa décision sans suite, dans un courrier mercredi, en raison d'une "insuffisance de concurrence".

En annonçant dès janvier 2019 la mise en concurrence des "trains d'équilibre du territoire" (TET, plus couramment appelés Intercités) Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux, la ministre des Transports de l'époque, Elisabeth Borne, avait pourtant voulu montrer l'exemple. L'objectif était d'avoir un nouvel exploitant en 2022. 

Mais le processus a pris du retard et la pandémie de coronavirus --qui a asséché les finances des opérateurs-- a amené les rivaux potentiels de la SNCF à préférer l'ouverture à la concurrence des TER, en invoquant selon la profession des dossiers trop imprécis, des garanties insuffisantes de l'Etat ou des travaux à venir sur les voies.

Un temps intéressés, Arriva (groupe Deutsche Bahn), EuroRail et Transdev ont décidé de ne pas présenter d'offres, laissant l'opérateur historique seul en course. 

Le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou avait plaidé pour que le processus aille à son terme et que l'Etat discute de l'offre du groupe public.

"Je ne vois pas pourquoi on serait pénalisés parce que d'autres ne se sont pas présentés", avait-il déclaré début décembre au Sénat, rappelant que l'opérateur de transports publics Keolis, dont il fut le patron avant de diriger la SNCF, avait emporté le contrat après s'être retrouvé seul en lice pour l'exploitation des réseaux de Lyon et Orléans.

Dans son document mercredi, SNCF Voyageurs "prend acte" de la décision du ministère et "regrette qu'il n'ait pas été permis à l'entreprise et aux agents engagés dans ce projet de démontrer la qualité de l'offre préparée depuis des mois, leur expertise, et leur capacité à innover au service des voyageurs".

La SNCF va donc conserver pour le moment l'exploitation des deux lignes, à qui le gouvernement envisage de "donner un essor renouvelé" en fonction des conclusions d'une étude sur le développement de nouvelles lignes TET qui doit être remise au Parlement "et en cohérence avec la restructuration de certaines liaisons aériennes intérieures".

Le service sera intensifié avec, "d'ici 2022", quatre allers-retours quotidiens entre Nantes et Bordeaux (au lieu de trois aujourd'hui) et trois allers-retours entre Nantes et Lyon (contre deux), selon le ministère des Transports.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.