"Je n'ai pas fui la justice, je me suis libéré de l'injustice et de la persécution politique" proclame Carlos Ghosn

"Je n'ai pas fui la justice, je me suis libéré de l'injustice et de la persécution politique" proclame Carlos Ghosn©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 31 décembre 2019 à 07h53

L'ancien patron de Renault et Nissan se trouve désormais à Beyrouth...

Assigné à résidence à Tokyo depuis des mois dans l'attente de son procès, Carlos Ghosn se trouve désormais à Beyrouth après avoir fait le voyage dimanche dans un avion privé en provenance de la Turquie.

A Tokyo, l'ex-PDG du groupe automobile Renault-Nissan était assigné à résidence depuis sa deuxième sortie de prison le 25 avril dernier, dans l'attente de son procès au Japon. Carlos Ghosn possède les nationalités française, brésilienne et libanaise... Dans la nuit de lundi à mardi, un communiqué signé de sa main a précisé quelque peu sa situation : "Je suis à présent au Liban. Je ne suis plus l'otage d'un système judiciaire japonais partial où prévaut la présomption de culpabilité, où la discrimination est généralisée et où les droits de l'homme sont bafoués, cela au mépris absolu des lois et traités internationaux que le Japon a ratifiés et qu'il est tenu de respecter. Je n'ai pas fui la justice - je me suis libéré de l'injustice et de la persécution politique. Je peux enfin communiquer librement avec les médias, ce que je ferai dès la semaine prochaine".

Selon le 'Financial Times', Carlos Ghosn ne se trouvait plus sous le régime de résidence surveillée auquel il était jusque là assujetti et il a pu trouver un accord lui permettant de quitter le territoire japonais ou réussir à s'échapper... Le 'Wall Street Journal' cite de son côté une source qui affirme qu'il a pris la fuite.

"Conduite inexcusable"

Les avocats de Carlos Ghosn détiennent toujours les trois passeports de l'ancien président de Renault et Nissan et il n'a pas pu les utiliser pour quitter le Japon, a déclaré l'un d'eux à la presse ce mardi à Tokyo avant d'ajouter que la conduite de son client était "inexcusable". Junichiro Hironaka, dont les déclarations étaient retransmises en direct par la chaîne de télévision NHK, a déclaré que les avocats de l'homme d'affaires détenaient toujours ses passeports français, brésilien et libanais, comme le prévoient les conditions de son placement en résidence surveillée...

Le procès de Carlos Ghosn était prévu en mars 2020 au Japon, pour quatre inculpations de corruption, dont deux pour dissimulation de revenus aux autorités boursières et deux pour abus de confiance. L'ancien dirigeant de Renault-Nissan a démenti en bloc les accusations portées contre lui et a dénoncé un complot au sein de Nissan pour l'écarter de la société...

Convaincu de ne pas bénéficier d'un procès équitable ?

Dans le cadre de sa défense, l'ancien patron comptait aussi dénoncer aussi le système pénal japonais (après 108 jours passés en détention préventive) et les conditions de son contrôle judiciaire, qui lui interdisaient notamment tout contact avec son épouse (qui n'est pas poursuivie).

Dans le système judiciaire japonais, les chances d'échapper à une condamnation après une procédure d'inculpation sont infimes, selon la jurisprudence de l'archipel nippon...

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