Jérôme Cahuzac fixé sur son sort le 15 mai

Jérôme Cahuzac fixé sur son sort le 15 mai
procès en appel février 2018

Boursier.com, publié le mercredi 21 février 2018 à 14h38

Jérôme Cahuzac saura le 15 mai s'il ira en prison, le principal enjeu son procès en appel. Le parquet a requis mardi la confirmation de la peine de l'ex-ministre socialiste du Budget, qui avait été condamné en première instance à trois ans de prison pour son compte bancaire dissimulé à l'étranger.

Si elle est suivie par la Cour d'appel de Paris, cette décision sera synonyme de détention. Jusqu'à deux ans, une peine peut être intégralement aménagée, sous le régime de la semi-liberté ou avec un bracelet électronique, mais à trois ans, l'incarcération devient inévitable, au moins pour un temps.

Un ténor du barreau pour le défendre

En décembre 2016, le président de la chambre avait estimé que seule une peine de prison effective pouvait sanctionner cette "faute pénale d'une exceptionnelle gravité, destructrice du lien social et de la confiance des citoyens dans les institutions de l'Etat." Cette condamnation était conforme à celle requise par le Parquet national financier (PNF).

L'ancien ministre a choisi pour le défendre en appel le ténor du barreau le plus en vue du moment, Eric Dupond-Moretti, qui a défendu récemment Abdelkader Merah, frère du tueur de militaires et d'enfants juifs Mohamed Merah, et obtenu le renvoi du procès d'un autre ancien ministre, Georges Tron, poursuivi pour viol et agression sexuelle en réunion.

Peur de la prison

Pourfendeur de la fraude fiscale quand il était ministre, Jérôme Cahuzac, 65 ans, a été contraint à la démission en mars 2013 après des mois de dénégations, y compris devant les députés à l'Assemblée nationale. Pendant son procès, il avait expliqué s'être retrouvé pris dans une "mécanique" difficile à arrêter après l'ouverture en 1992 d'un compte en Suisse par l'intermédiaire d'un prête-nom.

A l'ouverture de son procès en appel la semaine dernière, il a dit ressentir un "sentiment assez banal de peur" face à la perspective de la prison. "J'ai interjeté appel d'abord en pensant aux miens", a-t-il ajouté. Aujourd'hui retraité et domicilié en Corse, où sa famille possède une maison, Jérôme Cahuzac, ne conteste pas les faits qui lui sont reprochés mais la peine prononcée.

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