Jérôme Kerviel, le "lampiste" de la Société générale se bat dans l'ombre

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 Jérôme Kerviel attend devant le tribunal de Versailles, le 23 septembre 2016, avant le début de son procès en appel

Jérôme Kerviel attend devant le tribunal de Versailles, le 23 septembre 2016, avant le début de son procès en appel

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© AFP, Martin BUREAU

AFP, publié le samedi 20 janvier 2018 à 11h42

Brusquement propulsé sous les projecteurs, il y a dix ans, Jérôme Kerviel, l'ex-trader devenu un symbole des dérives de la finance, mène désormais dans l'ombre son éternel combat contre la Société générale.

A 41 ans, Jérôme Kerviel se fait discret après des années de guérilla judiciaire, et loin des coups d'éclat médiatiques, sa parole est devenue plus rare. 

Récemment, c'était sur Twitter pour saluer la décision "juste et courageuse" de Bercy de recouvrer la "ristourne" fiscale de 2,2 milliards d'euros consentie à la Société générale après la fraude inédite qui lui occasionna une perte abyssale de 4,91 milliards d'euros. 

Il y a dix ans, le trader avait dérapé sur les marchés en prenant, seul, 49 milliards d'euros de positions non autorisées, au nom de la Société générale. De quoi faire du jeune loup de la finance au physique d'acteur une nouvelle figure des dérives de la finance. 

S'il a au début reconnu avoir agi sans informer la banque, Jérôme Kerviel s'est davantage présenté comme la victime d'un système que comme un de ces opérateurs de marchés avides de bonus. Dix ans plus tard, rien n'a changé: il se présente toujours comme "lampiste de la Société générale", d'après son profil sur Twitter.

"Je suis quelqu'un d'ordinaire, je ne suis pas fou", déclarait-il dès 2008 aux enquêteurs, quand la banque venait de révéler sa perte, dont elle le rendait responsable, le traitant d'"escroc" et de "fraudeur".

En 2010, dans son livre, ("L'engrenage, mémoires d'un trader"), il a raconté comment il avait fini par "succomber à la griserie des chiffres", et comme il était encouragé, sans filet, à gagner toujours plus pour sa banque, dès lors qu'on lui disait qu'il était une "bonne gagneuse".

- soutiens de tout bord - 

Né le 11 janvier 1977 dans la ville bretonne de Pont-l'Abbé, Jérôme Kerviel est issu d'un milieu modeste et n'a pas fait de grandes écoles comme certains as de la finance. Son père, décédé en 2006, était enseignant technique et sa mère coiffeuse. 

Au lycée, il se voit déjà dans la banque. Avec une maîtrise en finance, puis un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) à Lyon, il est recruté à 23 ans à la Société générale comme gestionnaire au service du contrôle "middle office" (qui gère notamment les risques pris par les traders). Deux ans plus tard, il monte comme assistant trader avant d'accéder, début 2005, au poste de trader qui l'accapare totalement. 

A ses procès, il a admis avoir perdu le sens des réalités mais il a aussi affirmé avoir servi de bouc émissaire à la banque, qui l'aurait utilisé pour masquer ses propres errements. 

Durant plusieurs années, Jérôme Kerviel a occupé les prétoires avec son alter ego et avocat, le bouillant David Koubbi. Ensemble, ils ont aussi mené une bataille dans les médias pour défendre la cause du trader mué en pourfendeur d'un système financier "amoral".

En mars 2014, après une brève rencontre avec le pape à Rome, il avait pris son bâton de pèlerin pour une marche vers Paris, finalement interrompue à Menton où, devant les caméras et ses fans, il avait été arrêté par la police puis réincarcéré. Au total, il aura passé 150 jours en détention. 

Son combat lui aura valu des soutiens de personnalités de tous horizons, de l'ancien évêque de Gap, Mgr Jean-Michel di Falco, à l'ancien leader du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, en passant par le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan.

Après huit années de feuilleton judiciaire, la cour d'appel de Versailles, soulignant les "manquements" de contrôle de la banque, a finalement ramené en septembre 2016 ses dommages et intérêts à 1 million d'euros, une demi-victoire qui a éloigné Kerviel des près de cinq milliards qu'il devait payer.

Le camp de l'ex-trader a en revanche échoué dans deux volets où il mettait en cause la probité de la banque, un revers qui amenuise ses chances de révision de sa condamnation pénale à 5 ans de prison dont trois ferme, rendue définitive en 2014. Le combat continue mais sans Me Koubbi. Jerôme Kerviel a évoqué auprès du JDD "un désaccord stratégique" cet été avec son ex-conseil. Il s'est désormais entouré d'un "pool d'avocats".

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4 commentaires - Jérôme Kerviel, le "lampiste" de la Société générale se bat dans l'ombre
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    pigeonxxl38 -

    sans avocat eux ils peuvent se payer les meilleurs avocats capables de prouver que la vérité n'est pas la vérité , pourtant il avait quelque années pour publicité mensongère affaire Doublo une première en France la caisse d'épargne avait été PENALEMENT condamnée , mais suite a la création obligée du groupe B.P.C.E. condamnée a ne rien payer .. mieux encore a recommencer avec la bienveillance voir la complicité des autorités , dans ces conditions pour le reste de la vie ce sera Mein Kampf version pigeon contre ces 3 banques aux procédés criminels : caisse d'épargne banques populaires banque d'affaire natixis la Bourse les actions daubées misent sous le bec des pigeons par le biais des gros cochons de patrons , voila le boulot !

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    Tueur -

    avocat ou pas avocat, il a été condamné à 3 reprises ......
    Basta !

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    pigeonxxl38 -

    qu'est ce tu nous raconte Tueur l'imposteur branleur je ne te parle pas de Kerviel je parle de la pseudo caisse d'épargne !

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    ajlbn -

    Si vous voulez en savoir plus sur cette affaire et sur le personnage Jérôme Kerviel, vous pouvez lire "j'aurais pu passer à côté de ma vie" - avec Richard Amalvy - Presses de la Renaissance - 17€90. Edifiant. Mais pour ceux qui comme Tueur -ex-Mafiosi -et autres sont des soutiens inconditionnels de la finance, vous pouvez le lire sous surveillance médicale.

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    Tueur -

    pour ne "pas passer à coté de sa vie", faut bosser.........

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    Tueur -

    Ce "lampiste" a été condamné 3 fois par la justice ........

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    ajlbn -

    Lampiste, oui, ne vous en déplaise. Des enquêteurs se sont posés la question de la manipulation par la SG, la presse en a fait écho. Pas dans vos revues du bitcoin?

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    Tueur -

    ah oui, le complot ........ c'est un article de Closer ????

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    F2294 -

    Certes, M. Kerviel a "dérapé" mais de délirants objectifs de profits le poussaient à agir ainsi et la SG a fermé les yeux tant que la banque y trouvait son intérêt, c'est une hypocrisie coûteuse dont est "victime" ce trader devenu bouc émissaire. Bon courage à lui.

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    roro61 -

    Et pour les "Panama papers " M Kerviel ne faisait plus parti de cette banque et pourtant ça continue de plus belle . et sans parler des déboires sur les crédits "subprime" américains et aussi Le Parquet national financier vient d’ouvrir une enquête visant la Société Générale sur d’éventuelles violations des lois anti-corruption françaises, avec en ligne de mire les opérations de Société Générale avec la Libyan Investment Authority (LIA, fonds souverain Libye.
    En effet, la banque française s’était acquittée de 963 millions d’euros en faveur de LIA en mai dernier dans le cadre d’un accord à l’amiable visant à mettre un terme aux menaces de poursuites judiciaires.
    Un versement qui n’aura pas empêché l’établissement bancaire de recevoir des réquisitions judiciaires les mois de septembre et d’octobre dernier, portant justement sur les relations entre la SG et LIA.

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