"Journée sans cheminots" : vers un lundi noir ?

"Journée sans cheminots" : vers un lundi noir ?
Gare Saint-Lazare Paris

Boursier.com, publié le lundi 14 mai 2018 à 07h07

La SNCF prévoit un trafic ferroviaire "très perturbé" ce lundi déclaré "journée sans cheminots" par les syndicats qui protestent contre la réforme de l'entreprise et lancent à cette occasion un grand référendum interne sur le projet de loi...

"La journée de lundi sera une journée très difficile pour nos clients et les cheminots qui vont travailler. Nous attendons, en effet, un sursaut de mobilisation", a confirmé la direction de la SNCF dans un communiqué. Le mouvement de grève par intermittence entamé le 2 avril à 19h00 entre lundi dans son 18e jour. Ce neuvième épisode doit s'achever mardi à 08h00.

Programme minimum

Dans le détail, un TGV et un Transilien sur trois circuleront. Un TER sur trois sera également en service, ainsi qu'un train Intercités sur cinq. Sur les lignes internationales, deux trains sur cinq seront assurés. La direction dit par ailleurs avoir "connaissance de menaces d'exactions et blocages de gares. Cela pourrait se traduire par l'occupation de voies, de locaux, de gares."

A partir de ce lundi, et pour une semaine, les salariés de l'entreprise publique sont donc invités par les syndicats (CGT, Unsa, CFDT, Sud-Rail) à se prononcer par référendum pour ou contre la réforme ferroviaire.

Selon la CGT, cette consultation, que la direction de la SNCF et le gouvernement jugent "sans légitimité", permettra de montrer que les cheminots sont majoritairement opposés à la réforme, alors que la direction met en avant un recul du nombre de grévistes.

Il y a quelques jours, à l'issue d'une réunion à Montreuil au siège de la CGT, l'intersyndicale (CGT, Unsa, SUD et CFDT) a validé l'organisation de ce "vote-action", qui se tiendra donc du 14 au 21 mai.

Le gouvernement et la direction affichent la fermeté

La direction a pris acte de l'annonce du référendum auprès des salariés, tout en excluant par avance que le résultat de la consultation ait un impact sur la réforme, dans la mesure où le sujet relève du pouvoir législatif...

Le PDG de la SNCF a expliqué que "les cheminots sont bien évidemment concernés par la réforme. Mais celle-ci touche tous les Français. C'est donc à leurs représentants élus de se prononcer... Personne ne peut leur confisquer ce débat".

Lourde perte

A travers cette initiative, les syndicats espèrent reprendre la main face à la fermeté du gouvernement, qui refuse de modifier les grands principes du projet... Le 7 mai, alors qu'il recevait les syndicats, le Premier ministre Edouard Philippe a déclaré que le texte de la réforme, déjà adopté en première lecture par l'Assemblée nationale, ne "changera pas fondamentalement". Il a toutefois concédé que le texte "peut être encore finalisé", autrement dit amélioré, sur certains points...

La semaine dernière, le PDG de SNCF Réseau, Patrick Jeantet, avait estimé à 250 millions d'euros le montant de la facture de la grève des cheminots. "On estime aujourd'hui à peu près à une vingtaine de millions d'euros par jour de grève (...) la perte qu'on subit", avait déclaré Patrick Jeantet le 3 mai sur 'Europe 1', en ajoutant que cette somme était "considérable"...

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