L'activité économique brésilienne se contracte de 4,1% en 2020

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Une rue de Brasilia, vidée de ses habitants à cause du confinement, le 28 février 2021
Une rue de Brasilia, vidée de ses habitants à cause du confinement, le 28 février 2021
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© AFP, EVARISTO SA

AFP, publié le mercredi 03 mars 2021 à 16h33

L'activité économique brésilienne s'est contractée de 4,1 % en 2020, soit bien moins que les autres grandes économies d'Amérique latine grâce notamment aux aides versées à des millions de Brésiliens jusqu'en décembre pour faire face à la pandémie de coronavirus.

L'activité économique brésilienne s'est contractée de 4,1 % en 2020, soit bien moins que les autres grandes économies d'Amérique latine grâce notamment aux aides versées à des millions de Brésiliens jusqu'en décembre pour faire face à la pandémie de coronavirus.

Ce résultat, rendu public mercredi par l'institut national des statistiques (IBGE), est légèrement meilleur que les prévisions des analystes qui tablaient sur un recul de 4,2% du Produit intérieur brut (PIB). 

L'agriculture a été le seul secteur en croissance (+2%). L'industrie a chuté de 3,5% et les services de 4,5%, Du côté de la demande, les investissements ont baissé de 0,8% et la consommation des ménages de 5,5%.

Le PIB s'est élevé à 7.400 milliards de réais (1.430 milliards de dollars). Par habitant, il a chuté de 4,8%, à 35.172 réais (6.820 dollars).

Avec ces résultats, la première économie d'Amérique latine s'en sort bien mieux que les autres économies majeures de la région comme le Mexique (-8,5%) et l'Argentine (-10%) grâce notamment à des aides versées par le gouvernement entre avril et décembre à 67 millions d'habitants, soit près d'un tiers de la population.

Il n'en reste pas moins qu'il s'agit de la plus importante baisse du PIB depuis 1996 et de la troisième depuis le début du XXe siècle, après celles de 1981 (-4,25%) et de 1990 (-4,35%) lors de la "décennie perdue" dans une Amérique latine secouée par la crise de la dette, selon les données de l'IBGE. 

Entre 2010 et 2020, le Brésil a également connu une décennie difficile, avec une croissance annuelle moyenne de 0,30%. 

Les résultats rendus publics mercredi n'ont guère eu d'impact à la Bourse de Sao Paulo qui a ouvert sur une baisse de 0,5%. 

- Aggravation de l'épidémie -

Pour l'économiste Jefferson Laatus, du Groupe Laatus, ces résultats "ne sont pas surprenants" et la "hausse du dollar qui a été particulièrement favorable aux exportations agricoles, a contribué de façon importante à ce qu'il n'y ait pas une baisse significative" du PIB. 

Alex Agostini, de la société de conseil AustinRating, souligne une "combinaison de facteurs" : l'aide d'urgence aux familles, les subvention en faveur des PME avec des "extensions de lignes de crédit" et le rôle de l'agroalimentaire, "extrêmement compétitif". 

La pandémie de coronavirus, qui a fait plus de 257.000 morts au Brésil, est survenue alors que le pays tentait de se remettre de la crise de 2015-2016 où le PIB avait chuté de 6,7% sur deux ans. La crise sanitaire a fait plonger le pays dans la récession au deuxième trimestre de 2020. 

Grâce au programme d'aides d'urgence, l'économie a rebondi fortement au troisième trimestre (+7,7%) avant de terminer l'année, avec une hausse de 3,2% au quatrième trimestre par rapport au précédent, mieux qu'anticipé par les analystes. 

Le gouvernement a toutefois décidé la fin des aides d'urgence en janvier, au moment où le pays connaissait une deuxième vague particulièrement virulente de la pandémie. Mardi, il a enregistré un record de 1.641 morts en 24 heures. 

"La croissance trimestrielle de 3,2% au quatrième trimestre, supérieure aux attentes, confirme que l'économie (brésilienne) a connu une des meilleures performances en Amérique latine" en 2020, souligne le cabinet de conseil Capital Economics. 

"Mais de nombreux éléments indiquent que la reprise a ralenti cette année, car l'aggravation de l'épidémie de Covid-19 assombrit les perspectives au moins pour les prochains mois", ajoute-t-il. 

"La vaccination dictera largement la reprise économique, même si celle-ci se produira de toute façon, car cela s'accélère dans le monde et le Brésil finit toujours par être entraîné", estime Jefferson Laatus.

Les analystes prévoient une nouvelle baisse du PIB au premier trimestre, le deuxième trimestre restant incertain, tandis que le deuxième semestre devrait s'achever en 2021 sur une hausse de 3,29%.

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