L'administration Biden discute des liens commerciaux avec Taïwan malgré les avertissements chinois

L'administration Biden discute des liens commerciaux avec Taïwan malgré les avertissements chinois
La représentante américaine au Commerce Katherine Tai en mai 2021 au Congrès américain

AFP, publié le jeudi 10 juin 2021 à 17h37

C'est le premier contact de haut niveau entre Taïwan et le gouvernement de Joe Biden, visiblement décidé à défier les mises en garde de la Chine: la représentante américaine au Commerce s'est entretenue jeudi avec un ministre taïwanais pour discuter d'un approfondissement des relations commerciales.

C'est le premier contact de haut niveau entre Taïwan et le gouvernement de Joe Biden, visiblement décidé à défier les mises en garde de la Chine: la représentante américaine au Commerce s'est entretenue jeudi avec un ministre taïwanais pour discuter d'un approfondissement des relations commerciales.

Lors d'une réunion virtuelle, Katherine Tai a souligné au ministre taïwanais sans portefeuille John Deng "l'importance de la relation commerciale et des investissements américano-taïwanais", selon un communiqué de ses services.

Elle a aussi "exprimé l'intérêt persistant des Etats-Unis à travailler avec Taïwan" sur les priorités communes "au sein des organisations multilatérales".

Les deux responsables se sont enfin engagés à réunir l'instance chargée du dialogue commercial entre Washington et Taipei, en sommeil depuis 2016. Cette réunion aura lieu "dans les prochaines semaines", a confirmé le bureau taïwanais des négociations économiques et commerciales dans un communiqué.

"Le ministre Deng a fait valoir que Taïwan avait pleinement démontré sa détermination" à "approfondir les liens économiques et commerciaux bilatéraux avec les Etats-Unis", en assouplissant les restrictions sur les importations de porc américain l'été dernier, a-t-il ajouté.

Saluant un dialogue "cordial et constructif", Taïwan s'est targué de "jouer un rôle important dans la chaîne d'approvisionnement internationale", actuellement soumise à une forte pression face au redémarrage de l'économie, et d'être "un partenaire de confiance pour les Etats-Unis".

Cet entretien intervient alors que le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken avait affirmé lundi que les Etats-Unis allaient entamer "bientôt" des "discussions avec Taïwan" sur "une forme d'accord-cadre" en matière commerciale.

- "Agression croissante" -

Cela avait été suffisant pour qu'il s'attire les foudres de la Chine, qui considère l'île comme une de ses provinces et menace de recourir à la force en cas de proclamation formelle d'indépendance sur l'île ou d'intervention extérieure.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a appelé mardi Washington à "mettre un terme à toute forme de contacts officiels avec Taïwan, à traiter la question de Taïwan avec prudence et à s'abstenir d'adresser de mauvais signaux aux forces indépendantistes taïwanaises".

Les Etats-Unis et la Chine restent engagés dans une guerre commerciale ouverte en 2018 par l'ancien président américain Donald Trump.

Son successeur Joe Biden a repris à son compte la confrontation envenimée avec Pékin, dénonçant à toutes les occasions "l'autocratie" chinoise, et confirme par ce dernier geste sa volonté d'afficher sa proximité avec Taïwan, volontiers érigé en modèle démocratique.

La représentante taïwanaise aux Etats-Unis avait déjà été invitée à la cérémonie d'investiture du président démocrate en janvier, une première depuis que Washington a rompu ses relations diplomatiques avec Taipei en 1979 afin de reconnaître Pékin comme le seul représentant officiel de la Chine.

Et le département d'Etat a formellement décidé en avril de faciliter les "contacts" entre le gouvernement américain et celui de l'île.

Depuis, au moins deux délégations officieuses américaines, composées de sénateurs ou ex-responsables américains, se sont rendues à Taïwan avec la bénédiction de leur pays.

"Je peux affirmer en toute confiance que le partenariat des Etats-Unis avec Taïwan est plus fort que jamais", avait ainsi déclaré mi-avril l'ex-sénateur Christopher Dodd, membre d'une délégation envoyée par Joe Biden lui-même, lors d'une rencontre avec la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen.

Les Etats-Unis restent de fait l'allié le plus puissant de Taïwan et son fournisseur d'armes numéro un. Ces derniers mois, ils n'ont cessé de mettre en garde la Chine contre toute tentative de changer "par la force" le statu quo concernant Taipei.

Lundi encore, Antony Blinken a évoqué de "réelles inquiétudes au sujet de l'agression croissante du gouvernement de Pékin".

"Taïwan doit avoir les moyens de se défendre", a-t-il martelé. "Nous continuons à fournir des équipements significatifs à Taïwan à cette fin", a-t-il ajouté, alors que les appels se multiplient à Washington pour que le gouvernement américain s'engage publiquement et clairement à défendre militairement l'île en cas d'agression chinoise.

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