L'AIE s'inquiète de l'extraordinaire croissance de la production américaine de brut

L'AIE s'inquiète de l'extraordinaire croissance de la production américaine de brut
pétrole brut raffinerie

Boursier.com, publié le mardi 13 février 2018 à 10h36

L'Agence internationale de l'énergie s'alarme de la forte hausse de la production américaine de pétrole de schiste. Si l'AIE a revu à la hausse ses prévisions de demande de brut pour 2018, conséquence de la bonne santé de l'économie mondiale, elle estime que "les producteurs américains connaissent une deuxième vague de croissance si extraordinaire qu'en 2018 la hausse de leur production de brut pourrait égaler la croissance de la demande mondiale". De quoi anéantir les efforts de l'Opep et de ses alliés pour rééquilibrer le marché.

Les stocks de brut de l'OCDE au plus bas depuis la fin 2014

Une mauvaise nouvelle alors que la mise en oeuvre des coupes orchestrée par l'Opep n'a jamais autant été respectée. Selon l'AIE, le cartel a réduit sa production de 37% de plus que ce qu'il avait promis, en raison principalement de la chute de la production vénézuélienne.  Ce recul a permis une forte baisse des stocks pétroliers qui avaient atteint des niveaux astronomiques. Les stocks de l'OCDE sont par exemple tombés à leur plus bas niveau depuis novembre 2014 en janvier, à 52 millions de barils au-dessus de leur moyenne sur cinq ans, contre 264 mb il y a tout juste un an.

"L'excédent mondial a tellement baissé, le succès de l'accord sur la production (de l'Opep) pourrait être proche", souligne l'agence basée à Paris. Néanmoins, "le message principal reste le même que le mois dernier et est très clair: la production en forte croissance dans les pays non membres de l'OPEP, menée par les États-Unis, devrait augmenter davantage que la demande".

La prévision de consommation de brut revue à la hausse

La production mondiale d'or noir a atteint 97,7 millions de barils par jour en janvier, soit 1,5 mbj de plus qu'il y a un an. Si la production de l'Opep est restée globalement stable sur un mois à 32,16 mbj (la hausse de la production nigériane éclipsant le repli des autres pays), celle des pays n'appartenant pas au cartel s'est établie à 58,6 mbj, soit 1,3 mbj de plus qu'il y a un an. Une croissance à mettre à l'actif des Etats-Unis. L'AIE estime d'ailleurs que la production américaine dépassera bientôt celle du plus grand producteur du cartel, l'Arabie Saoudite, et pourrait dépasser celle de la Russie d'ici la fin de l'année. Coté demande, l'AIE a relevé de 100.000 barils, à 1,4 mbj, sa prévision de croissance de la consommation cette année (à 99,2 mbj).

Des fondamentaux moins favorables

"Pour l'instant, la dynamique haussière qui a fait grimper le prix du baril de Brent à 70$ est en perte de vitesse; en partie parce que les investisseurs ont pris des bénéfices mais aussi en raison des corrections que nous avons observées récemment sur de nombreux marchés. Plus important encore, les fondamentaux du marché pétrolier sous-jacents en ce début 2018 semblent moins favorables aux prix", souligne l'AIE. L'agence rappelle toutefois que les composantes de l'équilibre du marché pétrolier sont dynamiques et que beaucoup de choses peuvent changer dans les prochains mois. Elle cite notamment la détérioration de la situation au Venezuela et la vigueur apparente de l'économie mondiale qui pourrait générer une croissance de la demande supérieure à celle anticipée actuellement.

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