L'anxiété revient en force sur les marchés

L'anxiété revient en force sur les marchés
L'anxiété revient en force, avec de sévères reculs sur les places européennes à l'ouverture dans le sillage de l'Asie et de Wall Street

AFP, publié le mercredi 01 avril 2020 à 22h37

Devant les nombreuses incertitudes entourant l'évolution de la pandémie de Covid-19, les marchés mondiaux ont cédé à la déprime mercredi, balayant l'optimisme qui semblait régner en début de semaine.

Le marché parisien a lâché 4,30%, Francfort 4,23% et Londres 3,83%. Milan a reculé de 2,97% et Madrid de 3,04%.

Wall Street a aussi cédé à l'inquiétude.  Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a chuté de 4,44%, l'indice élargi S&P 500 de 4,41%, tout comm le Nasdaq, à forte coloration technologique.

"Nous n'avons aucune raison de repartir à la hausse durablement avant d'avoir des certitudes (...) quant à une sortie de ce confinement qui met un arrêt total à notre activité économique", a analysé auprès de l'AFP Michaël Jacoby, responsable du courtage Europe continentale chez Oddo Securities.

"Nous sommes dans une phase d'échanges boursiers" très court-termistes, selon lui, "avec des micro-rebonds, mais la tendance générale reste totalement négative".

Depuis le début de la pandémie en décembre en Chine, plus de 865.000 cas ont été officiellement déclarés dans le monde, dont plus de la moitié en Europe, 189.000 aux Etats-Unis et plus de 110.000 en Asie.

- "Trimestre noir" -

L'accélération meurtrière du virus au États-Unis, qui compte désormais plus de victimes qu'en Chine et où le président, Donald Trump, a demandé à ses concitoyens de se préparer à des semaines "très très douloureuses" a fortement pesé. 

"Les Bourses mondiales ont bouclé un trimestre noir, un des pires de l'Histoire" et "le passage de témoin entre le premier trimestre et le deuxième s'annonce délicat après les propos sombres de Donald Trump sur la situation à attendre dans les deux prochaines semaines aux États-Unis", souligne également Tangi Le Liboux, un stratégiste du courtier Aurel BGC. 

Le pétrole, qui avait repris un peu son souffle mardi, est lui aussi reparti en baisse. Le WTI à New York a a baissé de 0,8%, à 20,31 dollars, tandis que le Brent à Londres a chuté de 6,1%, à 24,74 dollars.

Le marché de la dette en revanche ne s'est toujours pas départi de son calme, terminant la séance sans grand changement.

"Il est important de souligner qu'une grosse partie du marché obligataire est en train de revenir à la normale", à commencer par les emprunts d'Etat, observe Benjamin Melman, directeur des Gestions de Edmond de Rothschild Asset Management. Sur ce terrain, "les banques centrales ont repris le contrôle".

Côté changes, l'euro reculait de 0,64% face au dollar, à 1,0960 dollar, vers 20H30 GMT.

Les indicateurs du jour, qui intègrent désormais les effets désastreux de la pandémie, alourdissaient un peu plus l'ambiance.

- Statistiques moroses -

La vague de chômage liée au nouveau coronavirus a commencé à gagner les Etats-Unis, où les entreprises privées ont supprimé 27.000 emplois en mars, mais les véritables effets du virus sur l'emploi se feront surtout sentir en avril.

Dans la zone euro, le chômage a atteint en février son plus bas niveau depuis la crise financière mais devrait fortement augmenter en mars à cause du coronavirus.

Pour l'automobile, la chute historique de plus de 70% du marché français et l'effondrement des ventes au Japon, des chiffres publiés un peu plus tôt dans la journée, avaient déjà donné le ton.

"Nous n'allons pas réussir à arrêter la récession, en revanche on peut créer les conditions pour un redémarrage correct aux 3e et 4e trimestres", a analysé auprès de l'AFP Gilles Moëc, chef économiste du groupe Axa.

"Ce qui est absolument central, c'est qu'il ne faut pas qu'il y ait de vagues de défauts d'entreprises", poursuit-il. Aux Etats-Unis, "il faut aller très très vite et je pense que c'est ça aussi qui explique l'attentisme du marché: nous avons eu les paquets (monétaires et budgétaires), nous savons ce qui est prévu, maintenant il s'agit d'être sûrs que ça va aller vers les publics concernés", en particulier aux Etats-Unis, où "il faut inventer un peu les choses de zéro" en matière de déploiement de l'aide publique.

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