L'Arménie compte sur le solaire pour moins dépendre de la Russie

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 Des panneaux solaires sur un défice du village de Lernamerdz, à une quarantaine de kilomètres d'Erevan, le 16 octobre 2017

Des panneaux solaires sur un défice du village de Lernamerdz, à une quarantaine de kilomètres d'Erevan, le 16 octobre 2017

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© AFP, Karen MINASYAN
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AFP, publié le mercredi 27 décembre 2017 à 08h51

Pauvre et enclavée, l'Arménie se repose de longue date sur la Russie pour couvrir ses besoins énergétiques. Elle cherche désormais à réduire cette dépendance grâce à une ressource dont elle dispose en abondance : le soleil.

Si cette ex-république soviétique du sud du Caucase couvre actuellement les trois quarts de ses besoins énergétiques grâce aux importations, en grande majorité de Russie, elle reçoit en moyenne 1.720 kilowatt-heures par mètre carré d'énergie solaire, soit 70% de plus que la moyenne européenne, selon les autorités.

Erevan espère diversifier de plus en plus ses sources d'énergie "pour assurer sa sécurité et son indépendance énergétiques", explique à l'AFP le vice-ministre arménien de l'Energie Haïk Haroutiounian.

Le gouvernement s'est fixé dans une "feuille de route énergétique" un objectif de 8% de la consommation d'énergie couverte par les énergies renouvelables d'ici à quatre ans. Il estime le potentiel du solaire à 3.000 mégawatts (MW), soit l'équivalent de plus de deux réacteurs nucléaires de nouvelle génération.  

Un consortium d'investisseurs doit débuter prochainement la construction d'une centrale solaire de 55 MW. Il comprend la Banque mondiale, qui a apporté plus de 50 millions d'euros dans le cadre de ses initiatives pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Trois petites unités d'un mégawatt chacune ont déjà vu le jour et sept autres sont prévues en 2018. Le siège du gouvernement sera entièrement alimenté en électricité issue d'énergie solaire dès 2018, avant d'autres bâtiments officiels.

Un projet pilote a été lancé pour équiper les villages isolés du pays montagneux et alimenter ainsi ses habitants en électricité et en eau chaude.

Signe de l'intérêt du secteur privé pour le secteur, le groupe Tashir, qui a racheté en 2015 la compagnie électrique locale au géant russe Inter-RAO, a investi 425.000 euros pour construire une centrale solaire à Tsaghkadzor, station touristique en montagne.

 - Remplacer le nucléaire -

Le gouvernement s'est fixé comme objectif de réduire de plus d'un tiers la part du gaz naturel dans la consommation d'énergie entre 2010 et 2020.

Le pays couvre actuellement environ 80% de ses besoin en gaz par des importations de Russie, qui fournit également l'intégralité du combustible de la seule centrale nucléaire, la vieillissante centrale de Metsamor.

Alors qu'elle produit un tiers de l'électricité du pays, cette dernière a été prolongée jusqu'en 2026, jusqu'à ce que d'autres sources d'énergie permettent de pallier à sa fermeture.

"Il faudra un jour la fermer et nous devons être prêts", explique le vice-ministre Haïk Haroutiounian. "C'est pour cela que ces dernières années, l'Arménie accentue ses efforts pour développer les sources d'énergie alternatives à partir de l'eau, du vent et du soleil", résume-t-il.

L'influence russe dépasse le seul secteur énergétique. En 2013, l'Arménie a préféré rejoindre l'Union économique eurasiatique menée par Moscou plutôt que de signer un accord économique avec l'Union européenne.

Erevan est membre de l'Organisation du traité de sécurité collective (ODKB) réunissant d'ex-républiques soviétiques. Le pays est le principal allié militaire de la Russie dans le Caucase, une zone de tensions notamment liée au conflit qui oppose depuis plusieurs décennies l'Arménie et le Kazakhstan pour le contrôle du Nagorny-Karabakh.

"Les sources alternatives d'énergie ne vont peut-être pas remplacer les sources traditionnelles, mais elles peuvent aider à  diminuer la dépendance énergétique de l'Arménie envers la Russie et par conséquent, affaiblir les moyens de pression politique du Kremlin sur Erevan", relève l'analyste Alexandre Avanessov.

 
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