L'économie française parmi "les plus affectées" par la pandémie de Covid-19

L'économie française parmi "les plus affectées" par la pandémie de Covid-19©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 05 juin 2020 à 13h53

Selon une note de l'OFCE, la France a particulièrement souffert de la crise du fait de ses mesures de confinement et de son exposition sectorielle. Les Etats-Unis et l'Allemagne semblent avoir été moins affectés...

L'Italie, l'Espagne et la France sont les grands perdants de la crise sanitaire... C'est du moins ce que révèle une note publiée ce vendredi par l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Selon ses estimations, l'économie mondiale a connu en avril, mois où de nombreux pays ont confiné leur population, une récession de 19%, tandis que le commerce mondial s'est replié de 25%.

Mais "les pertes d'activité ne sont pas uniformément réparties géographiquement", détaille la note. Les régions les plus touchées par les mesures prises en avril se situent en Europe, et notamment en Espagne, en Italie et en France, qui "connaissent des chutes de valeur ajoutée de plus de 30 points (pouvant aller jusqu'à 36% en Espagne)", précise l'OFCE.

Cela s'explique notamment par le fait que la perte d'activité se situe dans des secteurs "à fort contenu en emplois". Par exemple, en Espagne et en Italie, la part de l'emploi dans les activités de commerce et de restauration-hôtellerie atteint respectivement 24% et 20% de l'emploi total contre près de 17% en Allemagne et au Royaume-Uni, selon les chiffres de l'organisme indépendant de recherches.

Les Etats-Unis et l'Allemagne ont moins souffert

Parmi les économies avancées, les Etats-Unis (-22 points) ou encore l'Allemagne (-24 points) s'en sortent un peu mieux avec des chutes d'activité moins fortes, "en lien avec des mesures de confinement moins restrictives" prises outre-Rhin et outre-Atlantique, explique également l'OFCE.

"Si l'Allemagne connaît les pertes domestiques les plus modérées, le pays souffre cependant de sa forte exposition à la demande étrangère. En revanche, les Etats-Unis limitent l'impact du choc par leur relative fermeture commerciale", précise l'observatoire. De leur côté, les économies émergentes parviennent pour l'heure à résister (-15 points).

Des destructions d'emplois limitées avec le chômage partiel

Alors qu'aux États-Unis, les destructions d'emplois pourraient concerner 22,4 millions de salariés, le mécanisme d'activité partielle a permis de limiter "les destructions sèches d'emplois salariés" en Europe. Malgré un "choc économique conséquent", c'est en France et en Italie qu'elles seraient les plus faibles, avec 3% des emplois salariés frappés par la crise. Pour rappel, les gouvernements des pays européens ont mis en place des filets de sécurité pour préserver l'emploi, "en mutualisant les salaires que les entreprises ne peuvent plus verser à travers le chômage partiel".

En France, l'activité partielle couvrirait en avril 77% des emplois salariés, précise la note. "En Allemagne l'importance des destructions d'emplois salariés s'explique par les pertes d'emploi touchant 1,5 million de 'minijobbers', non éligibles au chômage partiel : ceux-ci représentent les 4/5e des 19% de pertes d'emplois salariés", ajoute l'OFCE.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.