L'économie vit sa "pire crise" depuis 150 ans, estime la Banque Mondiale

L'économie vit sa "pire crise" depuis 150 ans, estime la Banque Mondiale
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Boursier.com, publié le mardi 09 juin 2020 à 09h28

Le PIB mondial devrait se contracter de 5,2% en 2020, du jamais vu depuis la IIe Guerre mondiale. Mais si l'on tient compte du nombre de pays qui se retrouveront en récession, cette crise est la pire depuis celle de 1870, il y a 150 ans...

Alors que le monde lutte contre l'épidémie de coronavirus, qui a affecté jusqu'ici plus de 7 millions de personnes et en a tué plus de 400.000, l'économie mondiale est tombée dans sa pire crise économique depuis 150 ans, a estimé la Banque Mondiale en publiant ses dernières prévisions économiques...

L'institution s'attend ainsi à un plongeon de 5,2% du PIB mondial en 2020, suivi d'un rebond partiel de 4,2% en 2021. Dans sa précédente prévision, en avril, la BM ne prévoyait qu'un recul de 3% de l'économie globale en 2020. La chute du PIB est du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale, soit au moins 75 ans, mais si l'on tient compte du nombre de pays qui se retrouveront en récession, cette crise est la pire depuis la Grande Dépression des années 1870, a souligné lundi la BM.

La pandémie de Covid-19 a ainsi eu un impact économique "rapide et massif" qui n'a jamais affecté autant de pays depuis 150 ans, et ce, malgré l'aide massive des gouvernements, selon les nouvelles prévisions de l'institution publiées lundi...

Les économies avancées sont plus touchées que les pays émergents

Les économies avancées sont celles qui souffriront le plus cette année, avec une chute du PIB de 7% en moyenne, contre -2,5% pour les pays émergents. La zone euro sera de loin la région du monde la plus touchée, avec une récession attendue à -9,1%, contre "seulement" -6,1% en Etats-Unis, et une très légère progression (+1%) prévue en Chine.

En 2021, la reprise de l'activité devrait être sensible dans les pays industrialisés (+3,9%) grâce aux nombreux plans de relance budgétaires et monétaires. Les économies en développement devraient, pour leur part, connaître une forte croissance de 4,6%, la Chine pouvant même retrouver ses niveaux d'avant crise avec +6,9%, selon la Banque mondiale. La Banque mondiale précise cependant qu'à ce stade de la pandémie, l'avenir demeure "hautement incertain".

Les incertitudes sanitaires restent élevées

Le Covid-19, bien que sous contrôle dans de nombreux pays, reste en effet bien présent, et il est même en phase d'expansion en Amérique latine, en l'absence de traitement et de vaccin, qui n'est pas attendu avant 2021 au plus tôt. L'institution internationale envisage même un scénario plus noir, avec une contraction en 2020 de 8% (-5% pour les pays émergents) suivie l'an prochain d'un redressement bien plus modeste (+1%) en cas de seconde vague épidémique...

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a elle aussi appelé lundi à la prudence concernant l'évolution de la pandémie. "Bien que la situation en Europe s'améliore, dans le monde elle s'aggrave", a déclaré le patron de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus. Le nombre de nouveaux cas détectés augmente ainsi en Amérique du Sud, en Asie du Sud, en Europe centrale ou encore en Afrique. Et dans les pays où la situation s'améliore, "la plus grande menace est désormais le laisser-aller", a ajouté le responsable de l'OMS.

Vers une hausse de l'extrême pauvreté

Malgré la reprise attendue l'an prochain, les conséquences de cette crise économique mondiale seront durables, avec pour conséquence d'accroître les inégalités sociales dans le monde, estmé la Banque Mondiale. "C'est une crise qui devrait laisser des cicatrices pendant longtemps et poser d'immenses défis à l'échelle mondiale", a souligné Ceyla Pazarbasioglu, vice-présidente de la division "Croissance équitable et Finance" de la BM, lors d'une conférence téléphonique

La Banque mondiale estime ainsi qu'entre 70 et 100 millions de personnes pourraient basculer dans l'extrême pauvreté, effaçant ainsi les progrès réalisés les trois dernières années dans la lutte contre la pauvreté. Avant cette crise sanitaire, l'institution tablait sur une nouvelle baisse en 2020 de la proportion de la population mondiale vivant avec moins de 1,90 dollar par jour.

Les Etats-Unis en récession après 128 mois d'expansion

Aux Etats-Unis, le National Bureau of Economic Research a officiellement annoncé lundi que les Etats-Unis sont entrés en récession en février, mettant fin au plus long cycle de croissance économique de l'histoire du pays, qui aura commencé en juin 2009 (après la crise des crédit "subprime") et aura duré 128 mois, soit 10 ans et demi.

La définition traditionnelle d'une récession implique un déclin de l'activité économique durant deux trimestres d'affilée, mais le comité "a conclu que la magnitude sans précédent du déclin de l'emploi et de la production, et son étendue à l'ensemble de l'économie, méritent de présenter cet épisode comme une récession, même si elle devait s'avérer plus courte que les contractions précédentes", note le Comité.

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