L'Egypte "prépare le terrain" pour le retour des touristes (ministre)

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Le ministre égyptien du Tourisme Khaled El-Enani, lors d'un entretien avec l'AFP dans son bureau au Caire, le 4 juin 2020
Le ministre égyptien du Tourisme Khaled El-Enani, lors d'un entretien avec l'AFP dans son bureau au Caire, le 4 juin 2020
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© AFP, Khaled DESOUKI

AFP, publié le mercredi 10 juin 2020 à 11h14

Des pyramides aux plages de la mer Rouge, en passant par les monuments du Caire, l'Egypte, qui se débat encore avec la pandémie de nouveau coronavirus, s'organise pour rouvrir le pays aux visiteurs.

En Egypte, "nous préparons le terrain pour que les touristes du monde entier trouvent une destination (...) dans des conditions sanitaires exemplaires", assure le ministre du Tourisme Khaled El-Enani, lors d'un entretien avec l'AFP.

Si les mesures de réouverture seront annoncées "dans les prochains jours", il affirme que les autorités ne sont "pas pressées".

"On attend que la courbe (des contaminations) soit stable", dit-il, tout en se félicitant de chiffres "très bas par rapport aux pays de la région et du monde".

L'Egypte a enregistré environ 33.000 cas de maladie Covid-19 dont plus de 1.200 morts, selon les statistiques officielles, que des experts jugent sous-estimés. Des chiffres élevés pour la région mais qui, comparés à sa population (100 millions d'habitants), présentent un faible taux de mortalité.

Selon le ministre, les premières destinations touristiques à rouvrir seront les stations balnéaires de la mer Rouge et les plages méditerranéennes à l'ouest d'Alexandrie.

Il annonce aussi la réouverture prochaine de certains hauts lieux du tourisme égyptien comme les pyramides de Guizeh, le temple de Karnak ou la tombe de Toutankhamon où seules 10 personnes pourront entrer à la fois.

Là où la densité de touristes au mètre carré risque d'être trop élevée, notamment dans des lieux clos, "cela viendra dans un second temps", dit-il. 

L'année touristique 2020 promettait une fréquentation record en Egypte, dans un secteur qui se remettait à peine de l'instabilité liée à la révolte populaire de 2011 et la chute du régime d'Hosni Moubarak.

Quelque 15 millions de touristes étaient attendus --contre 13 en 2019-- avant que les vols internationaux ne soient suspendus le 19 mars en raison du nouveau coronavirus.

- Aides financières -

En mai, après plus de deux mois de fermeture, l'Egypte a rouvert des hôtels aux touristes égyptiens "avec une capacité de 25%, augmentée le 1er juin à 50%", indique le ministre.

Pour rouvrir, les hôtels doivent prendre des mesures sanitaires comme fournir aux clients des masques et du gel désinfectant, désinfecter les parties communes toutes les heures, n'utiliser les ascenseurs qu'à 50% de leur capacité.

Sur 178 hôtels ayant demandé la réouverture en mai, seuls 73 y ont été autorisés, dit M. El-Enani.

"Je ne peux pas prendre de risques", assure-t-il. "Je préfère soutenir l'hôtel (financièrement), mais qu'il n'ouvre pas."

En 2019, le secteur touristique avait généré 11,5 milliards d'euros de recettes, selon les chiffres officiels. La pandémie a causé un "coup de frein", reconnaît le ministre, sans donner d'estimation précise des pertes.

Début avril, la ministre de la Planification Hala El-Saïd avait évoqué publiquement des pertes possibles de l'ordre de 4,4 milliards d'euros en 2020.

Pour soutenir le secteur qui emploie directement plus d'un million de personnes, la banque centrale d'Egypte a autorisé des prêts dans le secteur, "jusqu'à 50 milliards de livres égyptiennes (2,7 milliards d'euros) à des intérêts très réduits, 5% environ", selon M. El-Enani.

Les fonds ont servi à "payer les salaires des employés à l'entretien et au développement des hôtels, des bus, des croisières, des agences de voyage", dit-il.

Des facilités accordées à condition que les entreprises "ne virent pas les employés", précise le ministre, qui assure avoir annulé les permis de travail d'hôtels ayant licencié des employés.

Tandis que l'économie se remet à peine d'une crise sans précédent, le gouvernement a multiplié les sources de financement.

En mai, le Fonds monétaire international (FMI) a accordé une aide d'urgence à l'Egypte de presque 2,8 milliards de dollars, soit 2,4 milliards d'euros. Vendredi l'institution a donné son accord de principe pour une autre aide de 5,2 milliards de dollars (4,6 milliards d'euros), toujours pour faire face à l'impact économique de la pandémie.

Et, bien que son inauguration fin 2020 a été reportée, le secteur du tourisme mise sur l'ouverture l'année prochaine du Grand Egyptian Museum (GEM), près des pyramides de Guizeh.

Le GEM "va être un atout touristique et un point d'attraction très solide", assure M. El-Enani.

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