L'emploi salarié a ralenti en 2018, selon l'Insee

L'emploi salarié a ralenti en 2018, selon l'Insee
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Boursier.com, publié le mardi 12 mars 2019 à 09h54

Au total, 149.600 créations nettes de postes ont été enregistrées, selon les données publiées mardi par l'institut.

L'emploi salarié en France, départements d'Outre-mer inclus, n'a progressé que de 0,6% sur les douze mois à fin décembre 2018. Il s'agit d'un rythme bien inférieur à celui de 1,3% constaté fin 2017. Au total, 149.600 créations nettes de postes ont été enregistrées, selon les données publiées mardi par l'Insee.

Sur le seul quatrième trimestre, la progression a légèrement accéléré tout en restant modérée, avec une hausse de 0,2% contre une augmentation de 0,1% au troisième trimestre, ce qui a permis à l'économie française de se retrouver en situation de créations nettes d'emplois pour le quinzième trimestre consécutif.

Des pertes dans le public

Au total, au cours des trois derniers mois de l'année dernière, l'économie française a enregistré 53.600 créations nettes d'emploi salarié, dont 50.700 dans le privé (+0,3%) et 2.800 (stable) dans la fonction publique.

Dans sa première estimation "flash" publiée le 8 février et portant sur le seul secteur privé, l'Insee avait fait état de 16.200 créations d'emplois (+0,2%). Sur un an, le secteur privé a créé 160.300 emplois en net (+0,8%) contre 329.600 en 2017, tandis que le public en a perdu 10.700 (-0,2%) après en avoir perdu 2.300 sur les douze mois à fin 2017.

Recul dans l'intérim

La grande majorité des créations nettes d'emplois salariés enregistrées en 2018 relèvent du secteur des services marchands (+114.500, en hausse de 0,9%), en dépit d'un net recul de l'emploi dans le secteur de l'intérim, qui lui est rattaché (-27.100, soit -3,3%).

En 2018, l'industrie s'est retrouvée en situation de création nette d'emplois, avec 9.500 postes créés - soit une hausse de 0,3% - pour la première fois depuis 2001. Les créations d'emplois sont également restées solides dans la construction, avec 25.600 postes créés l'an dernier, soit une hausse de 1,9% (contre une progression de 2,1% en 2017).

Freinage de l'activité

Le ralentissement des créations d'emploi l'an dernier s'explique en bonne partie par le freinage de l'activité, avec une croissance du PIB (produit intérieur brut) pour l'instant évaluée à 1,5%, en net retrait par rapport à une année 2017 exceptionnelle, durant laquelle la croissance avait bondi de 2,3%. Il est également lié à un impact moins favorable des politiques économiques en faveur de l'emploi. L'année 2018 a notamment été marquée par une baisse du taux du crédit d'impôt pour la compétitivité l'emploi et l'arrêt de la prime à l'embauche pour les PME mi-2017.

Dans un communiqué distinct, l'Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) - qui ne prend en compte ni l'emploi à domicile ni l'emploi agricole dans son étude - estime la hausse des effectifs salariés du privé à 0,3% (+52.700 postes) au quatrième trimestre et à 0,9% sur un an (+ 165.600). Elle fait également état d'une progression du salaire moyen par tête de 0,7% sur le dernier trimestre 2018, après une hausse de 0,5% au trimestre précédent, soit une augmentation de 2,3% sur un an. Au total, la masse salariale du secteur privé a progressé de 1,0% au cours du dernier trimestre 2018, après une hausse de 0,7% au troisième trimestre, et de 3,5% sur un an.

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