L'Etat britannique cède des actions de la banque NatWest pour 1,1 md de livres

L'Etat britannique cède des actions de la banque NatWest pour 1,1 md de livres
Une succursale de la banque NatWest à Londres, le 17 juillet 2015

AFP, publié le vendredi 19 mars 2021 à 10h58

L'Etat britannique a renoué avec la privatisation à petits pas de la banque NatWest, en réduisant sa participation via la vente pour 1,1 milliard de livres d'actions qui sont rachetées par le groupe lui-même.

L'Etat britannique a renoué avec la privatisation à petits pas de la banque NatWest, en réduisant sa participation via la vente pour 1,1 milliard de livres d'actions qui sont rachetées par le groupe lui-même.

L'opération porte sur près de 5% du capital soit 591 millions d'actions, selon des communiqués du gouvernement et de la banque vendredi.

La banque a décidé d'en garder une partie en auto-contrôle et d'en annuler la plus grande part, ce qui va légèrement réduire le nombre total ses actions.

Avec cette vente et compte tenu des annulations d'actions, l'Etat voit sa participation passer de 61,7% à 59,8% du capital de la banque, l'une des plus importantes du Royaume-Uni et qui s'appelait encore récemment RBS (Royal Bank of Scotland).

Le ministère des Finances estime qu'il s'agit d'une "étape importante" dans le désengagement prévu de longue date des pouvoirs publics.

La banque, autrefois tentaculaire et symbole des excès de la finance, a été sauvée de la faillite par l'État lors de la crise financière de 2008. Elle a entrepris depuis une cure d'amaigrissement spectaculaire et un recentrage sur la banque de détail et auprès des entreprises au Royaume-Uni, au prix d'années de pertes financières.

La banque vient en outre de vivre une année 2020 difficile en raison de la crise sanitaire, qui a fait bondir le risque d'impayés de crédits accordés à ses clients. Elle a subi une perte nette de 753 millions de livres, ce qui ne l'a pas empêché de vouloir renouer avec le versement d'un dividende.

L'Etat, à savoir les gouvernements conservateurs successifs depuis 2010, n'a pas caché ces dernières années son souhait de vendre des actions, mais le faible niveau du titre en Bourse n'a pas rendu le processus facile.

L'opération annoncée vendredi a été réalisée, hors marché, au prix de 190,5 pence (soit 1,9 livre), très loin des 500 pence (5 livres) par action payés lors de la nationalisation.

Le gouvernement travailliste de l'époque débourse alors 45 milliards de livres pour acquérir environ 80% du capital.

C'est la troisième fois que le gouvernement vend des actions de la banque, après août 2015 (pour 2,1 milliards) et juin 2018 (2,5 milliards).

Cette nouvelle cession, la première sous le gouvernement du Premier ministre Boris Johnson, fait entrer un peu d'argent dans les caisses publiques au moment où les finances du pays sont plombées par les mesures d'aide face à la pandémie.

Le déficit public s'est établi à 19,1 milliards de livres en février, selon les chiffres publiés vendredi par le Bureau national des statistiques (ONS).

Il grimpe à 278,8 milliards de livres pour les 11 premiers mois de l'exercice budgétaire qui s'achève fin mars, du jamais vu depuis le début de la collecte de ces données en 1993.

Les pouvoirs publics prévoient un chiffre de 355 milliards pour l'exercice fiscal terminé fin mars 2021 selon le budget dévoilé début mars. La dette publique dépassait elle les 2.100 milliards de livres à fin février, soit 97,5% du produit intérieur brut (PIB), un record depuis le début des années 1960.

Pour ramener les finances publiques sous contrôle, le ministre des Finances Rishi Sunak a notamment annoncé une hausse de l'impôt sur les sociétés de 19% à 25% en 2023.

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