L'Etat va aider la SNCF, très secouée par la crise du coronavirus

L'Etat va aider la SNCF, très secouée par la crise du coronavirus©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 04 mai 2020 à 11h03

Les conséquences de la crise s'annoncent très lourdes pour la compagnie, déjà secouée par l'interminable grève sur les retraites de cet hiver, qui avait fait déraper ses comptes à hauteur d'un milliard d'euros.

L'Etat soutiendra la SNCF afin qu'elle puisse poursuivre son activité et ses missions, a promis mardi la ministre française des Transports et de la Transition écologique, Elisabeth Borne. "On a dit qu'on soutiendra nos entreprises, nos emplois et par ailleurs nos grandes entreprises stratégiques: on ne souhaite pas qu'ils soient en difficulté", a dit la ministre sur LCI.

"On va (...) trouver les solutions pour que la SNCF qui fait partie de notre patrimoine national, qui est indispensable à beaucoup de Français, qui a rôle très important pour permettre les déplacements avec peu de CO2, puisse continuer à rendre le meilleur service aux Français, puisse poursuivre ses investissements", a-t-elle ajouté.

Même son de cloche du côté de Gérald Darmanin. Interrogé sur BFMTV, notamment sur le montant qu'un tel soutien pourrait impliquer, le ministre de l'Action et des Comptes publics a répondu : "Oui, l'Etat aidera la SNCF. Pour quel montant ? On ne le sait pas encore".

Des recettes qui ont plongé

Quelque 700 millions d'euros perdus en mars, puis 1,4 milliard en avril et un début de mois de mai qui s'annonce très mauvais lui aussi... Le confinement mis en place le 17 mars dernier en France devrait coûter 3 milliards d'euros à la SNCF, selon les informations du journal 'Les Echos' vendredi.

Les conséquences s'annoncent très lourdes pour la compagnie, déjà secouée par l'interminable grève sur les retraites de cet hiver, qui avait fait déraper ses comptes à hauteur d'un milliard d'euros.

Sans parler de "l'après"...

"Le manque à gagner de la crise sanitaire en France devrait rapidement atteindre les 3 milliards d'euros pour l'entreprise publique, selon nos informations, sans parler de l'après-déconfinement", écrit le quotidien sur son site.

"Il faudra un refinancement. Des discussions ont commencé avec l'Etat sur l'effet des pertes", déclare une source citée par Les Echos, qui rappelle que l'Etat a déjà repris en janvier dernier 25 milliards d'euros de dette de l'entreprise ferroviaire.

Des gares quasi fantômes

'Les Echos' soulignent que le gouvernement a choisi de mettre de côté le statut particulier des cheminots, et de leur accorder le chômage partiel, ce qui a soulagé l'entreprise. Mais avec des gares vides, les recettes se sont effondrées. "Depuis la mi-mars, seuls 7% des TGV roulent quotidiennement : soit à peine 3.000 passagers quotidiens contre 350.000 pour une journée normale. Quant aux TER et Transilien, ils ne sont qu'environ 15% à circuler, avec 2 à 4% de la clientèle habituelle, sans contrôleurs à bord pour vérifier les titres de transport".

La SNCF doit présenter le 5 mai son plan de reprise des trains. Elle a enregistré un afflux de demandes de réservations, de nombreux Français voulant changer de ville ou de région dès que possible, et il devrait être difficile de décrocher un billet. Une place sur deux seulement pourra être occupée dans les TGV et Intercités, et uniquement pour des passagers en déplacement professionnel ou personnel "avec des motifs impérieux", comme l'a indiqué le Premier ministre Edouard Philippe.

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