L'IATA réduit ses prévisions de bénéfices pour 2018, met en garde contre le protectionnisme

L'IATA réduit ses prévisions de bénéfices pour 2018, met en garde contre le protectionnisme
Boeing

Boursier.com, publié le lundi 04 juin 2018 à 09h58

Comme l'avait laissé entendre Alexandre de Juniac la semaine passée, l'Association internationale du transport aérien a revu à la baisse sa prévision de bénéfices pour l'année en cours en raison de la hausse des prix du carburant. L'IATA table désormais pour le secteur sur un bénéfice de 33,8 milliards de dollars en 2018, en baisse de 12% par rapport aux 38,4 Mds$ anticipés jusqu'ici, et après un profit record de 38 Mds$ en 2017. L'IATA souligne néanmoins que les comparaisons avec l'an passé sont fortement faussées par des éléments comptables exceptionnels tels que les crédits d'impôt ponctuels qui ont stimulé les bénéfices de 2017.

Le rendement par passager devrait par ailleurs augmenter de 3,2% en 2018, le premier gain annuel depuis 2011, grâce à l'embellie de l'économie mondiale qui stimule la demande.

Un rendement du capital investi toujours solide

En outre, en 2018, le rendement du capital investi devrait être de 8,5% (contre 9% en 2017). Cela dépasse toujours le coût moyen du capital, qui a augmenté à 7,7% compte tenu de rendements obligataires plus élevés (7,1% en 2017). Ceci est essentiel pour attirer le capital substantiel nécessaire à l'industrie pour développer sa flotte et ses services, souligne l'association qui regroupe 280 compagnies aériennes représentant 83% du trafic mondial. L'IATA précise toutefois que le secteur reste sur le fil du rasoir par rapport à beaucoup d'autres. Alexandre de Juniac a notamment observé que la prévision de bénéfice pour cette année ne représente que 4,1% d'un chiffre d'affaires d'environ 750 milliards de dollars.

Le carburant pèse

L'IATA prévoit un prix moyen du pétrole de 70 dollars le baril cette année contre 54,90 dollars l'an dernier et 60 dollars dans sa précédente prévision. De quoi peser sur les profits des compagnies, particulièrement celles qui ne disposent pas de 'couverture carburant'.

Le danger du protectionnisme

Enfin, le patron de l'IATA a mis en garde contre les dangers du protectionnisme. "Nous n'avons pas pour le moment enregistré de baisse significative du trafic passager ou fret en lien avec les tensions commerciales ou les barrières protectionnistes mais si ça continue ça finira par arriver", a déclaré Alexandre de Juniac à la presse.

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