L'Insee divise par 2 sa prévision de croissance pour le 4ème trimestre

L'Insee divise par 2 sa prévision de croissance pour le 4ème trimestre©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 19 décembre 2018 à 01h27

C'est le mouvement des "Gilets jaunes" entamé mi-novembre, qui s'invite dans les statistiques...

Le ralentissement de la croissance économique se confirme... Dans sa note de conjoncture publiée mardi soir, l'institut statistique a revu en baisse sa prévision de produit intérieur brut (PIB) pour le quatrième trimestre à +0,2% (contre 0,4% précédemment) et a abaissé sa prévision pour l'ensemble de 2018, à 1,5%, soit 0,1 point que dans ses prévisions d'octobre.

Un net ralentissement par rapport à 2017, qui avait vu le PIB avancer de 2,3%...

Les projections de l'Insee rejoignent donc celle de la Banque de France, qui a elle aussi revu en baisse la semaine dernière sa prévision de croissance pour 2018, à 1,5% contre 1,6% auparavant.

Impact des Gilets jaunes

Le premier semestre avait déjà été affecté par un calendrier fiscal défavorable et les grèves du printemps dans les transports. Au quatrième trimestre, c'est le mouvement des "Gilets jaunes" entamé mi-novembre, qui s'invite dans les statistiques : l'Insee évalue l'impact négatif à 0,1 point.

L'institut note cependant que "la durée et les conséquences du mouvement social des gilets jaunes restent très incertaines" au moment de la publication de cette note de conjoncture...

Encore des doutes

L'INSEE estime que les modalités de mise en oeuvre des mesures de soutien au pouvoir d'achat annoncées le 10 décembre par l'exécutif ne sont pas encore précisément connues, et que les changements du calendrier de collecte de l'impôt sur le revenu pourraient également affecter, à la hausse comme à la baisse, les comportements de consommation des ménages.

Une chose est sûre : l'impact du mouvement, avec un cinquième samedi de mobilisation le week-end dernier, "se fera sentir sur la consommation, notamment de services - dans l'hébergement-restauration, les loisirs et les transports". Il devrait également pénaliser le tourisme et pourrait peser sur l'emploi... "Par exemple, certaines embauches de contrats courts ou d'intérim prévus dans les magasins à l'occasion des fêtes de fin d'année pourraient finalement ne pas se concrétiser à cause des blocages", soulignent les auteurs de cette note.

Du mieux en 2019...

La croissance devrait néanmoins se redresser au premier semestre 2019, avec un rythme de progression atteignant 0,4% au premier trimestre et 0,3% au deuxième, retrouvant un rythme comparable à celui de la zone euro (0,3%), qui poursuit son ralentissement.

L'acquis de croissance pour l'ensemble de l'année 2019 atteindrait ainsi 1,0% au 30 juin prochain, à comparer à une croissance toujours attendue à 1,7% sur l'ensemble de l'année par le gouvernement.

Dans le détail, la reprise sur la première moitié de l'année 2019 devrait principalement être portée par la demande intérieure, notamment le dynamisme de l'investissement des entreprises soutenu par des conditions financières accommodantes et motivé par les tensions sur l'appareil productif.

Et l'emploi ?

Avec le ralentissement de la croissance en 2018, l'économie française ne devrait créer que 107.000 emplois cette année (après 341.000 en 2017), mais resterait sur les rails du premier semestre 2019, avec 64.000 créations.

Dans ce contexte, le taux de chômage ne devrait enregistrer qu'une baisse limitée et il s'établirait à 9,0% en juin prochain, contre 9,1% actuellement...

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