L'intersyndicale de Conforama fait pression sur Bercy

L'intersyndicale de Conforama fait pression sur Bercy©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 02 juin 2020 à 14h28

Les syndicats CFE-CGC, CGT et FO réclament l'obtention "sans délai" du prêt garanti par l'Etat de 322 millions d'euros demandé par l'enseigne d'ameublement...

L'inquiétude monte d'un cran sur l'avenir de Conforama... Alors qu'ils alertent depuis plusieurs semaines sur le risque qui pèse sur l'entreprise, les syndicats de l'enseigne d'ameublement ont interpellé ce mardi le ministre de l'Economie et des Finances, réclamant l'obtention "sans délai" du prêt garanti par l'Etat (PGE).

Dans un communiqué, CFE-CGC, CGT et FO ont expliqué que "les 9.000 salariés de Conforama sont confrontés à une incertitude totale quant à leur avenir", et ce malgré la réunion du 22 mai avec le Ciri, la cellule du ministère de l'Economie qui accompagne les entreprises mises en difficulté par la crise du Covid-19.

Pour rappel, le groupe, qui affiche une trésorerie au plus bas, a sollicité un prêt garanti par l'Etat de 322 millions d'euros. Pour sauver l'enseigne contrôlée depuis 2011 par le groupe sud-africain Steinhoff, une autre piste a également été envisagée : un rachat par son concurrent But. "Sans le versement ferme de PGE et sans offre ferme de But, Conforama va se retrouver en cessation de paiement", ont ainsi indiqué les syndicats.

Un silence "insupportable"

"La presse a révélé que le ministère de l'Economie appuyait une reprise de Conforama par But. Le directeur général de But a exprimé publiquement le souhait de son enseigne de reprendre Conforama : s'agit-il d'une offre ferme ? Quelles en sont les conditions ? ", s'est également interrogée l'intersyndicale.

Alors que "62% des produits commercialisés par Conforama proviennent d'entreprises françaises, 20.000 emplois indirects sont menacés", a-t-elle expliqué. "Le silence de Monsieur le ministre de l'Economie est insupportable", ont ainsi estimé les organisations syndicales, rappelant que ce prêt garanti par l'Etat est demandé depuis le 18 mars, soit depuis l'obligation de fermeture des magasins "non essentiels".

Réticence de "deux banques majeures"

Les syndicats ont également de nouveau dénoncé la réticence de "deux banques majeurs", qui refuseraient en effet d'octroyer le prêt de 320 millions d'euros demandé par le détaillant de mobiliers et de décoration, avec une garantie de 90% de l'Etat : HSBC et BNP Paribas, qui ne s'était pas présenté à la dernière réunion consacrée au PGE.

Alors que les salariés souhaitent manifester devant Bercy en fin de semaine, Bruno Le Maire s'est exprimé brièvement sur le sujet ce mardi. Pour les entreprises en difficulté, telles que Conforama ou Camaïeu, le ministre a indiqué toujours chercher "des repreneurs" "Nous nous battons pour trouver des solutions", a-t-il assuré sur 'RTL'.

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