L'OCDE invite le gouvernement à poursuivre les réformes

L'OCDE invite le gouvernement à poursuivre les réformes
OCDE, bâtiment france

Boursier.com, publié le mardi 09 avril 2019 à 10h33

Dans son rapport bisannuel sur l'économie française, l'Organisation souligne que "la poursuite des réformes favorables à la croissance, dans la lignée de celles prises sur la période récente, est primordiale pour réduire davantage le chômage".

Alors que le gouvernement s'apprête à tirer les enseignements du "Grand débat" en attendant les annonces d'Emmanuel Macron la semaine prochaine, l'OCDE engage le gouvernement à poursuivre les réformes tout en renforçant la maîtrise des dépenses publiques afin de parvenir à une "croissance plus forte et plus inclusive".

Dans son rapport bisannuel sur l'économie française publié ce mardi, l'Organisation souligne que "la poursuite des réformes favorables à la croissance, dans la lignée de celles prises sur la période récente, est primordiale pour réduire davantage le chômage".

"Certains impacts négatifs éventuels à court terme de ces réformes sur certaines catégories de la population devraient cependant être compensés pour favoriser leur acceptabilité", souligne l'OCDE, au lendemain de la restitution du "Grand débat" qui vise à répondre à la colère des "Gilets jaunes". Et de rappeler la série de mesures d'urgence annoncées en faveur du pouvoir d'achat en décembre dernier, pour près de 10 milliards d'euros. L'OCDE insiste sur le fait qu'"une croissance plus forte et plus inclusive demandera de poursuivre des réformes ambitieuses".

L'âge de la retraite en question

Selon ce bilan, les réformes déjà mises en oeuvre par le gouvernement "pourraient faire gagner 3,2% de PIB par habitant à un horizon de 10 ans" et elles "bénéficieraient pour l'essentiel" aux ménages des classes moyennes et moyennes inférieures...

L'OCDE estime par ailleurs que ses propres préconisations - parmi lesquelles une accentuation de la réduction de la dépense publique qui permettrait de réduire les impôts de production ou encore un relèvement progressif de l'âge effectif du départ à la retraite à 64 ans d'ici 2025 - porteraient l'accroissement du PIB par habitant à 5,1% au bout d'une décennie.

Mécanismes de compensation

L'OCDE prévient cependant que la mise en oeuvre de nouvelles réformes "nécessitera des mécanismes de compensation adéquats afin qu'elles soient perçues comme un moyen de promouvoir l'égalité des chances". Elle précise également que "pour être acceptable socialement et faisable politiquement, l'agenda de réformes devra être introduit sans complètement éliminer les droits acquis...".

Il va falloir baisser les impôts plus vite que prévu pour répondre à "l'exaspération fiscale", a déclaré hier le Premier ministre, Edouard Philippe, qui tenait une conférence de presse afin d'annoncer la phase de débriefing du "Grand débat national" lancé il y a près de trois mois pour répondre à la crise des "Gilets jaunes".

Le débat a mis au jour "un immense besoin de justice et d'équité", a souligné le chef du gouvernement lors d'une conférence de restitution, et notamment "une immense exaspération fiscale"..."Elle ne date pas d'hier, mon gouvernement en assume sa part de responsabilité", a ajouté Edouard Philippe, en citant la hausse de la fiscalité sur les carburants qui a contribué à mettre le feu aux poudres socialement.

"Le débat nous indique clairement la direction à prendre : nous devons baisser et baisser plus vite les impôts", a-t-il poursuivi... Mais "les Français ont aussi compris avec beaucoup de maturité qu'on ne peut pas baisser les impôts si on ne baisse pas la dépense publique" a encore précisé le Premier ministre.

Baisses d'impôts, mode d'emploi

Gérald Darmanin avait déjà insisté dimanche, dans un entretien au 'JDD', sur sa volonté de baisser l'impôt sur le revenu pour les classes moyennes... "C'est réaliste", a expliqué le ministre de l'Action et des Comptes publics : "Le président de la République nous a demandé de rétablir les comptes publics au service d'une ambition : baisser les impôts... Nous l'avons donc déjà fait en supprimant les cotisations salarialespour le chômage et la maladie, la taxe d'habitation, l'ISF, en créant une 'flat tax' sur les revenus du capital, en allégeant l'impôt sur les sociétés, en supprimant une vingtaine de petites taxes dès 2018... Nous sommes le gouvernement qui a le plus diminué les impôts au cours de ces 20 dernières années" a déclaré Darmanin.

"La baisse des impôts, une réalité"

Défendant son action à la tête des Comptes publics de la France, Gérald Darmanin fait valoir : "La baisse des impôts, c'est plus qu'une promesse, c'est une réalité... Notre politique consiste à promouvoir le travail. La hausse de la CSG a été plus que compensée pour les salariés et les ouvriers, qui ont vu leur pouvoir d'achat augmenter grâce à la baisse des cotisations salariales".

"Baisser l'impôt sur le revenu pour la classe moyenne, c'est une bonne piste"

Au-delà de ces premiers gestes politiques en faveur du pouvoir d'achat, l'action ministérielle s'oriente vers les classes moyennes qui devraient bénéficier de baisses d'impôts : "Celui ou celle qui gagne entre un et trois Smic, qui paie un loyer élevé, qui a besoin de sa voiture pour aller travailler, qui vit seul(e) et doit faire garder ses enfants et qui a peur de ne pas s'en sortir, c'est lui ou elle que nous devons aider... Baisser l'impôt sur le revenu pour la classe moyenne, c'est une bonne piste", poursuit Gerald Damanin au JDD.

Moins mauvais...

"J'attends comme les autres de voir ce que le Président va décider au terme du grand débat", souligne Gérald Darmanin... "Mais la croissance se porte moins mal que chez nos voisins (y compris l'Allemagne) et le déficit public sera inférieur aux prévisions", a réaffirmé le Ministre de l'Action et des Comptes publics...

Au bout du compte, c'est Emmanuel Macron lui-même qui reste maître des annonces, attendues autour de la mi-avril, certains arbitrages pouvant encore intervenir entre temps. Certaines rumeurs évoquent ainsi l'annonce de plusieurs initiatives dont "une mesure forte très symbolique".

Parmi les pistes qui circulent en coulisse figurent l'abandon des 80 KM/H, ou son "aménagement", la suppression de la redevance audiovisuelle, la réduction du nombre de niches fiscales ou encore la création d'une tranche supplémentaire d'imposition pour les hauts revenus... parmi d'autres ! Réponse la semaine prochaine...

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