L'OCDE met en garde contre le prix trop élevé des actifs

L'OCDE met en garde contre le prix trop élevé des actifs
OCDE, bâtiment france

Boursier.com, publié le mardi 28 novembre 2017 à 14h00

L'OCDE met en garde. L'Organisation de coopération et de développement économique estime que les prix des actifs sont devenus trop élevés pour une économie mondiale qui devrait atteindre un sommet l'année prochaine. "Les données probantes continuent de démontrer que les prix des actifs financiers ne correspondent pas aux attentes en matière de croissance future et à l'orientation des politiques, ce qui exacerbe les risques liés aux corrections financières et aux perspectives de croissance", affirme l'OCDE.

Une croissance mondiale à 3,7% l'an prochain

Dans son rapport semestriel, l'organisation anticipe désormais une croissance de 3,6% cette année, soit 0,1 point de plus qu'anticipé précédemment, avant 3,7% en 2018 (un plus haut de huit ans) et 3,6% en 2019. L'économie américaine devrait atteindre son apogée l'année prochaine avec une hausse du PIB de 2,5% attendue après +2,2% en 2017, tandis que la zone euro devrait enregistrer une croissance de 2,4% cette année et de 2,1% en 2018. Légèrement plus optimiste sur la France, l'OCDE table désormais sur une progression du PIB de 1,8% en 2017, comme en 2018, puis 1,7% en 2019. Une évolution qui reste inférieure à la moyenne de la zone euro. Le Japon et la Chine devraient également voir leur croissance ralentir en 2018 et 2019.

Un sommet de cycle?

Il s'agit peut-être du "sommet du cycle", a déclaré à Reuters l'économiste en chef de l'OCDE, Catherine Mann. "La situation paraît vraiment bonne aujourd'hui. Mais si l'on ne voit pas d'activité robuste et de renouvellement du stock de capital dans le secteur privé, ce qui permettra de générer des salaires plus élevés, on ne réussira pas à maintenir le rythme de croissance actuel". L'économiste pointe notamment l'insuffisance des investissements des entreprises, que ce soit pour pallier la dépréciation de leurs actifs existants ou pour se développer, pour alimenter la croissance future. L'OCDE s'inquiète aussi du niveau élevé de l'endettement des acteurs économiques dans plusieurs pays sur fond d'argent pas cher, qui les expose au resserrement prévisible des politiques monétaires des banques centrales.

L'économie réelle pourrait souffrir d'une éventuelle chute des marchés

Dans un entretien accordé à Bloomberg, C.Mann explique également qu'alors que les prix des actifs ont été soutenus par les politiques monétaires accommodantes des banques centrales, les choses pourraient changer au fur et à mesure que ce stimulus sera retiré. Bien que cela n'indique pas nécessairement que le monde traversera une nouvelle crise financière à l'échelle de celle de 2008, cela signifie qu'un effondrement des marchés pourrait entraîner un ralentissement de l'économie réelle, selon l'économiste, qui souligne que les banques centrales et les gouvernements ont désormais peu de capacités pour réagir face à un ralentissement sérieux. "L'espace budgétaire et monétaire est trop limité pour affronter un trou d'air financier...Cela met une prime encore plus importante sur les efforts de politique structurelle".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.