L'UE veut une enquête sur la supervision allemande du scandale Wirecard

L'UE veut une enquête sur la supervision allemande du scandale Wirecard
Le siège de Wirecard, le 24 juin 2020 à Aschheim, près de Munich, en Allemagne

AFP, publié le vendredi 26 juin 2020 à 22h47

Bruxelles a demandé aux superviseurs européens une enquête préliminaire sur la gestion du cas de la société de paiement en ligne Wirecard par le gendarme allemand de la finance, selon une lettre dont l'AFP a eu copie vendredi.

Dans cette lettre envoyée jeudi soir à Steven Maijoor, président de l'Autorité européenne de supervision des marchés financiers (ESMA), la Commission européenne demande que cette "analyse préliminaire" soit conclue "au plus tard le 15 juillet".

"Nous allons faire ce travail et présenter nos conclusions", a assuré à l'AFP un porte-parole du régulateur européen, David Cliffe, se refusant à commenter davantage le dossier.

Soupçonnée d'avoir gonflé ses comptes avec des fonds fictifs aux Philippines, l'entreprise allemande qui emploie 6.000 personnes a déposé le bilan jeudi.

Le gouvernement allemand a dénoncé un "scandale sans équivalent dans le monde de la finance" et annoncé un durcissement des contrôles de ce secteur encore peu surveillé.

"À ce stade, cette analyse préliminaire devrait viser à établir une description complète et une évaluation des événements, y compris l'adéquation de la surveillance à ces événements qui ont conduit à la faillite de Wirecard", est-il écrit dans la lettre de la Commission européenne.

Dans un entretien au quotidien britannique Financial Times paru vendredi, le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis a déclaré que cette enquête devait déterminer "s'il y a eu des manquements en matière de surveillance et, le cas échéant", permettre "de définir une ligne de conduite possible".

"Nous devons clarifier ce qui a mal tourné", a-t-il dit, alors que l'Allemagne s'apprête à prendre la présidence tournante de l'UE pour six mois le 1er juillet.


Selon les résultats de cette enquête préliminaire, il pourrait y avoir une investigation complète conduisant à la remise d'un rapport par l'ESMA, institution basée à Paris. Ce rapport énumèrerait les lacunes de la supervision et donnerait des instructions au gendarme allemand de la Finance (BaFin) pour introduire des réformes dans ses méthodes de travail.

Pour sa part, le gendarme financier britannique (FCA) a gelé les activités de Wirecard au Royaume-Uni afin de "protéger" l'argent de ses utilisateurs.

Dans un communiqué vendredi, la FCA dit avoir "imposé certaines contraintes à (la filiale britannique de) Wirecard notamment le fait que la société "ne peut céder aucun actif ou fonds" et lui imposant aussi de communiquer à ses clients qu'elle n'est plus habilitée à mener des opérations.

La filiale britannique, Wirecard Card Solutions, fournit des cartes prépayées et des services de paiement pour d'autres sociétés financières plus petites à l'instar de Pockit ou Curve. 

Leurs centaines de milliers d'utilisateurs n'ont plus accès à leurs fonds depuis le blocage des activités de Wirecard Card Solutions par la FCA, beaucoup s'en affolant sur Twitter.

Pockit indiquait vendredi "travailler avec la FCA pour résoudre ce problème dès que possible". 

En France, les cartes de paiement sans compte bancaire Transcash, également émises par Wirecard Card Solutions, sont elles aussi momentanément gelées.

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