La bataille entre LVMH et Tiffany devant la justice américaine en janvier

La bataille entre LVMH et Tiffany devant la justice américaine en janvier
Alessandro Bogliolo, le patron de Tiffany, le 19 septembre 2019 à Shanghai, et Bernard Arnault le PDG de LVMH, le 19 septembre 2017 à Paris

AFP, publié le mardi 22 septembre 2020 à 14h15

La justice américaine a fixé au 5 janvier la date du procès devant opposer le géant du luxe LVMH au joaillier Tiffany, en suggérant aux deux parties de renouer le dialogue.

Les fiançailles des deux groupes annoncées fin 2019 avaient fait les gros titres, avec à la clé un mariage à 16,2 milliards d'euros, soit le plus faste du siècle dans le luxe.

Mais le 9 septembre, le groupe de Bernard Arnault a annoncé n'être "plus en mesure" de racheter "en l'état" Tiffany, arguant d'"une succession d'événements de nature à fragiliser l'opération d'acquisition" et d'une lettre du ministère des Affaires étrangères français lui demandant de différer l'acquisition au regard de la guerre commerciale en cours avec les États-Unis.

Dans la foulée, Tiffany a lancé l'offensive sur le terrain judiciaire. Le premier épisode du bras de fer porte sur la question des délais, le groupe du milliardaire français Bernard Arnault plaidant pour une procédure normale, alors que le joaillier américain réclamait une procédure accélérée avec une décision avant le 24 novembre, date à laquelle l'opération était censée se conclure.

Lundi, la justice américaine a validé une procédure condensée sur quatre jours, à compter du 5 janvier.

En outre, le juge a suggéré que les deux groupes s'engagent dans des "échanges productifs pour éviter le contentieux", selon l'agence Bloomberg.

"Au final cette décision coupe un peu la poire en deux : Tiffany voulait novembre et LVMH mars", souligne auprès de l'AFP Arnaud Cadart, gérant de portefeuilles chez Flornoy & Associés.

Tiffany s'est immédiatement félicité de cette annonce. "Nous démontrerons à la Cour que LVMH est en violation flagrante de ses obligations en vertu d'un accord valide et contraignant et que leur argument d'un +effet défavorable important+ est totalement sans fondement", a commenté le président du conseil d'administration de Tiffany, Roger Farah, dans un communiqué.

Le groupe français a indiqué avoir "pris acte" de cette décision en se disant "pleinement confiant dans sa capacité à repousser les accusations de Tiffany et à convaincre la Cour que les conditions de réalisation de cette acquisition ne sont plus réunies". 

"A cet égard, LVMH démontrera au cours des prochains mois à la justice américaine que la mauvaise gestion de Tiffany durant la crise du Covid-19 constitue un effet défavorable important", a-t-il ajouté dans un communiqué. 

L'exhortation du juge à reprendre les échanges a du même coup relancé les spéculations des acteurs de marché sur le sort définitif de ce mariage. Si une partie pense que le rapprochement pourrait au final se faire à un prix inférieur, d'autres jugent que les relations sont déjà trop détériorées pour que ce soit possible. 

"Les échanges ont été trop violents pour permettre une réconciliation, estime ainsi M. Cadart, mais l'histoire de LVMH est faite de nombreuses surprises".

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