La Bourse de Paris capitule sur un tweet de Trump (-1,14%)

La Bourse de Paris capitule sur un tweet de Trump (-1,14%)
Salle de contrôle d'Euronext, l'opérateur de la Bourse de Paris, à La Défense, le 27 avril 2018

AFP, publié le vendredi 23 août 2019 à 18h07

La Bourse de Paris a capitulé vendredi (-1,14%) face à la dernière surenchère dans le conflit commercial sino-américain à l'issue d'une séance très volatile qui a connu plusieurs revirements de tendance.

L'indice CAC 40 a perdu 61,38 points pour terminer à 5.326,87 points, dans un volume d'échanges de 2,9 milliards d'euros. La veille, il avait fini en recul de 0,87%.

Au cours de la semaine écoulée, l'indice a cependant gagné 0,49%. Il affiche une hausse de 12,60% depuis le 1er janvier.

La cote parisienne est restée en terrain positif toute la matinée avant de tomber dans le rouge à l'annonce par Pékin de nouveaux tarifs douaniers sur des produits importés des Etats-Unis. Elle s'est reprise juste après le discours du patron de la Réserve fédérale américaine, avant d'opérer un deuxième revirement de tendance dès la contre-attaque de Donald Trump.

"Le marché reste bloqué sur la dernière impression, sur la dernière phrase", en l'occurrence les derniers tweets de Donald Trump, observe Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille chez Mirabaud France, interrogé par l'AFP.

Le président américain a promis vendredi de répondre "dans l'après-midi" aux nouveaux droits de douane imposés par Pékin, demandant par ailleurs aux entreprises américaines de trouver une alternative à la production en Chine.

"Trump vient de prendre deux chocs: Powell (le patron de la Fed, ndlr) vient de lui dire que ses menaces ne serviront à rien" et "Pékin lui dit que la Chine va imposer de nouveaux tarifs douaniers sur des produits importés des Etats-Unis", précise l'expert.

La Chine a annoncé son intention d'imposer de nouveaux droits de douane sur 75 milliards de dollars d'importations en provenance des Etats-Unis, en représailles aux taxes douanières supplémentaires que prévoit d'instaurer prochainement Washington. 

La place parisienne était "relativement calme jusqu'à cette annonce mais elle n'a pas beaucoup sanctionné en attendant le discours de Powell", décrit M. Rozier.

Celui-ci a offert aux investisseurs "ce qu'ils voulaient entendre, ni plus ni moins", faisant remonter un peu le marché parisien. "M. Powell a fait le strict nécessaire pour donner au marché des gages suffisants" en laissant "ouverte la porte à une baisse supplémentaire de taux". 

Son message: "la Fed est à la manœuvre. On n'en doutait pas. Ce n'est pas Trump qui décidera de la baisse des taux mais l'impact du ralentissement économique mondial sur l'économie américaine", décrypte le gérant.

Le président de la Banque centrale américaine, Jerome Powell, a promis vendredi d'agir pour soutenir la plus longue expansion de l'économie des États-Unis mais a prévenu que la Fed n'avait pas de mode d'emploi tout prêt pour faire face aux tensions commerciales.

Le châtiment de Donald Trump ne s'est pas fait attendre: il s'est demandé si le président de la Fed, qu'il accuse de brider l'économie américaine, était "un pire ennemi" que le président chinois Xi Jinping.

La prochaine réunion monétaire de la Banque centrale américaine est prévue les 17 et 18 septembre et les marchés s'attendent largement à une nouvelle baisse des taux.

Euronext CAC40

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